Affaire Omar Raddad : une requête en révision va être déposée après de nouvelles analyses ADN

Condamné en 1994 à 18 ans de réclusion, Omar Raddad avait passé plus de sept ans en prison, avant de bénéficier d'une grâce présidentielle partielle.

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Omar Raddad arrive au ministère de la Justice, à Paris, le 1er décembre 2008. (MEHDI FEDOUACH / AFP)

L'avocate d'Omar Raddad, jardinier marocain condamné pour le meurtre de Ghislaine Marchal en 1991 à Mougins, va déposer une nouvelle requête en révision de son procès, a-t-elle annoncé lundi 21 juin dans un communiqué. Cette requête sera déposée jeudi sur la base de nouvelles analyses des quatre traces d'ADN découvertes en novembre 2015, correspondant à quatre hommes non-identifiés. Ces empreintes génétiques, deux parfaitement exploitables et deux autres partiellement, avaient été trouvées sur deux portes et un chevron qui se trouvaient sur la scène du crime.

Ghislaine Marchal, la riche veuve d'un équipementier automobile, avait 65 ans quand elle a été retrouvée baignant dans son sang dans la cave de sa propriété le 23 juin 1991. La phrase "Omar m'a tuer" avait été écrite avec le sang de la victime sur les deux portes sur lesquelles ont été retrouvées les traces ADN.

Les traces d'ADN laissées par l'auteur du message macabre ?

La demande de révision s'appuie sur les analyses ultérieures d'un expert, rendues en 2019 et dévoilées lundi par Le Monde. Ce rapport conclut à la présence d'une trentaine de traces d'un ADN complet masculin n'appartenant pas au jardinier et trouvées dans l'une des inscriptions faites avec le sang de la victime qui désignaient Omar Raddad comme le meurtrier. Pour expliquer leur présence, l'expert pencher vers des "hypothèses de transfert primaire direct ou indirect au moment des faits", précise à l'AFP l'avocate d'Omar Raddad. Autrement dit, l'ADN aurait potentiellement été déposé par l'auteur du message.

Condamné en 1994 à 18 ans de réclusion, sans possibilité de faire appel à l'époque, Omar Raddad avait au total passé plus de sept ans en prison. Il avait bénéficié quatre ans plus tard d'une grâce partielle du président Jacques Chirac et d'une libération conditionnelle, mais cette grâce ne vaut pas annulation de la condamnation et ne l'innocente pas. Ce n'est que grâce à la loi du 20 juin 2014, qui a assoupli les conditions de révision d'un procès criminel, que de nouvelles investigations ont pu avoir lieu. D'autres traces d'ADN ne correspondant pas à celles d'Omar Raddad avaient déjà été trouvées sur le lieu du crime, aboutissant à une première saisine de la Cour de révision. Elle avait refusé un nouveau procès en 2002.

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