Vomissements, vertiges... Des pompiers et policiers s'inquiètent après leurs interventions sur l'incendie de Lubrizol

"On est tous inquiets, car on sait qu'on a respiré quelque chose de pas propre", témoigne un sapeur-pompier sur France 3. Un syndicat de policiers s'interroge lui aussi et attend des réponses du ministère de l'Intérieur.

Des pompiers près de l\'incendie qui a touché l\'usine Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime), le 27 septembre 2019.
Des pompiers près de l'incendie qui a touché l'usine Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime), le 27 septembre 2019. (LOU BENOIST / AFP)

Nausées, diarrhées, vertiges... Un pompier de Rouen (Seine-Maritime), qui affirme porter la parole de dizaines de ses collègues, s'est confié à France 3 sur les symptômes ressentis après leur intervention sur l'incendie survenu à l'usine Lubrizol. La plupart des équipes de terrain affirment que les pompiers ne sont équipés que de masques en papier, affirme ce soldat du feu qui préfère garder l'anonymat. Il aurait préféré des masques respiratoires en plastique.

"Aujourd'hui, on a tous des symptômes qui s'avèrent plus ou moins importants. Cela va des maux de gorge à des diarrhées, nausées, vomissements, à la langue qui pique. Je pense que si la protection avait été efficace, on n'aurait pas eu autant de conséquences sur la santé", décrit-il. "Tous ces symptômes sont passagers et durent en général moins de 24 heures", tente de rassurer, de son côté, le médecin des sapeurs-pompiers, face à la caméra de France 3, lundi 30 septembre.

"En arrêt maladie pour des nausées"

Mais les soldats du feu ne sont pas les seuls à ressentir de tels symptômes. "Plusieurs policiers affectés à la brigade de nuit et à la compagnie départementale d’intervention de Rouen, primo-intervenants sur l’incendie dès 2h30 du matin, sont actuellement en arrêt maladie pour des nausées, vomissements et vertiges. Deux d'entre eux sont actuellement en traitement jusqu’au 8 octobre", signale Alternative Police dans un communiqué que France Télévisions a consulté. Le syndicat s'inquiète et attend des réponses du ministère de l'Intérieur. Pour l'instant, les délégués locaux du syndicat seront reçus à 16 heures par leur direction départementale.

Par ailleurs, toujours selon ce syndicat de policiers, un certain nombre de CRS, intervenus à 11 heures jeudi sur le site, se plaignent également de malaises.
Selon un responsable syndical, qui s'est exprimé auprès de France Télévisions, une trentaine de CRS de la CRS 4 et une dizaine de la CRS 3 se sont plaints à leur retour de démangeaisons et de maux de gorge. Ils étaient postés dans le périmètre autour de l'usine, sans équipement particulier. Toujours selon cette source syndicale, on leur aurait donné comme consigne d'envoyer leurs tenues au nettoyage. Une prise de sang doit permettre de rechercher d'éventuels polluants. 
Des consignes de nettoyage des climatiseurs des véhicules auraient également été données.