Lubrizol : Agnès Buzyn admet des taux de dioxines "plus importants que la normale mais "qui restent en dessous des seuils admis de toxicité"

Les taux relevés sous le panache de fumée au moment de l'incendie ont été quatre fois plus élevés que la normale, a fait savoir ATMO Normandie mardi. La ministre de la Santé sera à Rouen vendredi pour installer un "comité de transparence".

Franceinfo

Les premiers résultats d'analyses sur la détection de dioxines dans l'air "sont plus important que la normale mais ça reste en dessous des seuils admis de toxicité", a affirmé mercredi 9 octobre sur franceinfo la ministre de la Santé Agnès Buzyn, alors que les taux relevés sous le panache de fumée au moment de l'incendie ont été quatre fois plus élevés que la normale, selon ATMO Normandie.

Les agences sanitaires sollicitées

"Nous verrons si ces chiffres sont retrouvés sur plusieurs prélèvements sur le long terme puisqu'il s'agit d'un prélèvement au moment de l'incendie", a-t-elle ajouté, annonçant son déplacement à Rouen vendredi avec les ministres Didier Guillaume et Elisabeth Borne "de façon à installer le comité de suivi qui sera un comité de transparence où la totalité des résultats dont nous disposons seront rendus publics et clairement expliqués".

Il y aura une image complète de la situation lors de ce point avec ce comité de suivi qui comprend des élus, des citoyens, des experts, des associations non gouvernementales

Agnès Buzyn

à franceinfo

La ministre de la Santé a indiqué que les agences sanitaires ont été sollicitées pour "évaluer le risque sanitaire sur les populations sur la base de tous les prélèvements". "En fonction de cette évaluation, il y aura un suivi des populations ou pas", a-t-elle affirmé. "C'est aux agences de m'expliquer s'il y a des choses supplémentaires à faire pour la population rouennaise ou sous les panaches".

1 800 appels sur le numéro vert

D'après la ministre, "une vingtaine de personnes par jour se plaignent parfois d'irritations. Au tout début, c’était une cinquantaine. C’est en train de diminuer. Il y a eu huit personnes hospitalisées qui avaient des problèmes respiratoires qui ont été aggravés par le panache de fumées". Au total, "nous avons reçu 1800 appels sur le numéro vert, des personnes qui demandent essentiellement des informations sur les risques, ce qu'ils peuvent manger ou pas, comment nettoyer les poussières et les suies sur leurs balcons", a ajouté Agnès Buzyn.

On n'est pas dans le flou, on attend la fin des résultats, et ensuite, les agences travailleront sur la totalité des prélèvements pour évaluer, prélèvement par prélèvement, toxique par toxique, savoir s'ils sont respirés, ingérés dans l'alimentation ou pas

Agnès Buzyn

à franceinfo

Un rapport rendu public vendredi

Une cartographie des risques sera faite par les agences "et s'ils estiment qu'il y a un risque potentiel lié à l'air ou lié à l'alimentation, c'est eux qui nous dirons quel type de suivi nous devons mettre en place pour la population. L'ensemble des chiffres sera dans le rapport rendu public vendredi", a ajouté la ministre. 

Agnès Buzyn a également réagi au fait que l'entrepôt voisin de Lubrizol a aussi été incendié. "Je l'ai su quand cela a été rendu public cette semaine. Je trouve que cette information a été donnée trop tardivement", affirme-t-elle. "Cela a été une surprise pour l'État d’entendre qu'il y avait des entrepôts supplémentaires qui avaient été concernés par l’incendie". 

Aujourd’hui, l’incendie a créé des dégâts considérables sur le site. Nous avons mis énormément de pression sur l’industriel pour nettoyer ce qu’il reste d’hydrocarbures, pour éviter ces émanations, parce que ça gêne énormément la population rouennaise

Agnès Buzyn

à franceinfo

"L'enquête nous dira s’ils le savaient et ont mis du temps à nous donner l’information ou si elle est passée inaperçue dans la façon dont ils ont géré la crise. Il y a une enquête administrative et judiciaire en cours et nous verrons comment on en est arrivé à apprendre cela si tardivement", a-t-elle ajouté.