Lancement d'une enquête épidémiologique après l'incendie de Lubrizol à Rouen, de la "communication", selon une association de victimes

Son président Simon de Carvalho alerte sur les odeurs qui persistent un an après l'accident et "qui provoquent des problèmes de santé, des picotements dans l'oeil, un retour de l'asthme, la gorge qui pique, et un état d'anxiété".

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Radio France
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Une vue aérienne du site industriel de Rouen (Seine-Maritime), le 9 décembre 2019. (LOU BENOIST / AFP)

Simon de Carvalho, président de l'association des victimes de Lubrizol dénonce, mardi 1er septembre sur franceinfo, une opération de "communication", après l'annonce par Santé publique France du lancement d'une enquête épidémiologique sur Rouen (Seine-Maritime) et au-delà, un peu moins d'un an après l'incendie de l'usine de produits chimiques.

"Ça ne concerne que 5 000 personnes sur une agglomération de plus de 100 000 personnes. Pour nous, en tant qu'association de victimes, c'est vraiment de la communication, déclare Simon de Carvalho.

L'association demande "un vrai suivi sanitaire"

"Dans le fond, il n'y a pas réellement d'analyse. On nous dit qu'on va décrire la santé et la qualité de vie de la population suite à l'incendie de Lubrizol, et analyser la perception de l'incendie. Qu'est-ce que ça veut dire, la perception de l'incendie ?", s'interroge le président de l'association des victimes de l'incendie.

Ils savent très bien comment on a perçu l'incendie et la façon dont l'État a vraiment mal géré cette crise.

Simon de Carvalho

à franceinfo

"Ce que nous attendons, c'est un vrai suivi sanitaire. Il aurait fallu, vu l'ampleur de cette catastrophe, le mettre en place rapidement, dès le premier jour de la catastrophe, pour avoir un temps 0, et pouvoir ensuite le comparer dans le temps. Là on a juste un questionnaire 'sur la perception'", déplore Simon de Carvalho, qui annonce que l'association souhaite faire "des prélèvements sur l'environnement".

"Et si elle éclate encore cette usine?"

Le président de l'association des victimes de l'incendie de Lubrizol constate la persistance d'odeurs provenant du site Seveso :  "C'est incroyable. Des odeurs très fortes qui provoquent des problèmes de santé, des picotements dans l'oeil, un retour de l'asthme, la gorge qui pique, et un état d'anxiété, la peur de se demander 'et si elle éclate encore, cette usine ?'".

L'association de riverain organise un grand rassemblement le 26 septembre à l'usine Lubrizol, au lendemain d'une réunion d'information et de débats au sujet du site qui produit des composants pour les additifs de lubrifiants.

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