Chaleur : il y a "beaucoup de feux sur des zones qui ne sont pas habituellement impactées", alerte le porte-parole des sapeurs-pompiers

Alors que la canicule s'est abattue sur presque toute la France, les restrictions se multiplient pour éviter des départs de feu.

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Radio France
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Photo d'illustration : des pompiers lors d'une intervention dans le département du Var, le 20 août 2021. (SYLVAIN THOMAS / AFP)

"Nous intervenons sur l'ensemble du territoire", explique vendredi 17 juin le commandant Eric Brocardi, porte-parole de la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.

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Les régions plus au nord ont elles aussi dû s'adapter à ces risques de feu en zones naturelles, et les pompiers tentent depuis quelques année de "réadapter le matériel, réadapter les méthodes de formation". Eric Brocardi dénonce aussi la "négligence humaine", responsable "d'un incendie sur deux" dans le pays.

Où intervenez-vous en ce moment ?

Malheureusement nous intervenons un peu sur l'ensemble du territoire. Aujourd'hui cette vague de chaleur a forcément des conséquences sur les espaces naturels. Et ces conséquences sont assez dramatique car on enregistre beaucoup de feux et de départs d'incendie sur des zones qui ne sont pas habituellement impactée par ce type de sinistres. Je parle notamment du côté de la Loire, de Saint Etienne, habituellement ces secteurs-là sont à la limite enclin à une certaine sécheresse, et là on a des départs de feu. Les sapeurs sont très mobilisés. Le directeur départemental de la Marne expliquait tout à l'heure qu'il y a depuis quelques jours une hausse inquiétante de départs d'incendies sur les parcelles agricoles.

L'Office National des Forêts a justement décidé de restreindre l'accès à certains domaines, notamment en Île-de-France, est-ce pour éviter un trop grande fréquentation ?

Ce qu'on voit surtout, c'est la négligence humaine. Un incendie sur deux est dû à l'homme, alors pour éviter cela les préfectures, l'ONF, veillent à ce que l'ensemble des secteurs et des chemins soient malheureusement interdits pour la population, ce qui permet de préserver notre patrimoine naturel. Là, il faut dire stop. Stop aux imprudences, stop aux jets de mégots de cigarette, stop aux barbecues, stop à tout ce qui pourrait provoquer une étincelle, ce qui permettrait de démarrer un feu assez rapidement et de manière catastrophique derrière.

Les pompiers du Sud sont malheureusement habitués à ces incendies importants, mais dans le Nord, est-ce qu'ils ont le matériel pour lutter contre les feux de forêt ?

Aujourd'hui, nous les sapeurs pompiers, depuis deux ou trois ans, nous avons constaté ces dérèglements climatiques et nous avons commencé à faire face, à pouvoir réadapter le matériel, réadapter nos méthodes de formation. Nous travaillons sur une meilleure protection civile liée aux crises naturelles, en englobant ces secteurs spécifiques que sont les feux de forêt, les feux d'espaces naturels dans des régions qui habituellement ne sont pas touchées. C'est vrai que dernièrement, j'ai des collègues d'Eure-et-Loire qui montraient très fièrement sur les réseaux sociaux leurs derniers véhicules rutilants qui sont les camions citernes pour feux de forêt. Ce ne sont pas pour autant des secteurs qui sont habitués à ce type de sinistre. Aujourd'hui, on parle aussi de départements comme le Cher, qui depuis trois jours a déclenché son ordre opérationnel feux de forêt et qui fait ça maintenant depuis deux ans. C'est une réadaptation des moyens, c'est une réadaptation des méthodes d'intervention, des méthodes opérationnelles. Tout ça pour le bien-être de notre patrimoine et éviter que des catastrophes puissent toujours perdurer malgré tous les actes de prévention que les sapeurs pompiers et les préfectures essayent de faire.

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