Harcèlement scolaire : le procureur d'Amiens confisque les téléphones portables d'adolescents

Récemment, un collégien amiénois de 13 ans a fait les frais de cette directive prise l'année dernière : convoqué pour avoir tenu des propos racistes et homophobes sur les réseaux sociaux, il s'est vu ainsi confisquer son téléphone portable.

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Radio France
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Un telephone portable, le 26 janvier 2021. (LOIC VENANCE / AFP)

Pour lutter contre le cyber-harcèlement entre jeunes, le procureur de la République d'Amiens compte multiplier la confiscation de téléphones portables. "Quand on confisque un smartphone qui coûte 500 à 1 000 euros, ça a un impact", explique lundi 3 mai Alexandre de Bosschère à France Bleu Picardie.

"Nous souhaitons empêcher la réitération immédiate des faits. Dès lors qu'un téléphone a été utilisé pour commettre une infraction, j’ai demandé aux enquêteurs de saisir le téléphone, en plus de la réponse pénale."

Alexandre de Bosschère

à franceinfo

Récemment, un collégien amiénois de 13 ans a fait les frais de cette directive prise l'année dernière. Convoqué devant un délégué du procureur de la République pour avoir tenu des propos racistes et homophobes sur les réseaux sociaux, l'adolescent s'est vu confisquer son téléphone portable.

50 à 80 cas dans la Somme en 2020

En 2020 dans la Somme, 50 à 80 cas de cyber-harcèlement ont été répertoriés, selon le procureur de la République qui note une augmentation de ces faits pendant les confinements. "C'est toujours difficile de savoir si c'est parce qu'on repère mieux ces faits ou si c'est parce qu'ils ont réellement augmenté, poursuit le procureur, mais on peut imaginer qu'ils ont augmenté parce que le recours aux ordinateurs, aux tablettes et aux téléphones s'est beaucoup développé avec les activités en distanciel."

Ces confiscations doivent aussi alerter les familles, espère Alexandre de Bosschère qui demande "un minimum de contrôle". "Je suis assez alarmé de voir à quel point les parents oublient qu’un jeune de 13 ou 14 ans n’a pas à avoir un téléphone portable à 23h dans son lit. Au-delà des phénomènes de harcèlement, on a aussi des majeurs très mal intentionnés qui se font passer pour des mineurs sur des réseaux sociaux. Il faut donc vraiment fixer des limites quand on est parent."

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