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"Enfin, on voit le bout du tunnel" : trois ans après l'explosion rue de Trévise à Paris, les victimes indemnisées par la mairie

Un accord-cadre a été trouvé dans la soirée lundi 10 janvier, à l'issue d'une médiation entre avocats. La Ville de Paris va contribuer à indemniser les victimes à hauteur de 20 millions d'euros. 

Article rédigé par Sandrine Etoa-Andegue
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Des pompiers en intervention à l'angle des rues de Trévise et Sainte-Cécile, le 12 janvier 2019 (THOMAS SAMSON / AFP)

Soulagées, mais prudentes. Ce sont les sentiments des associations de victimes de l'explosion rue de Trévise, après qu'un accord-cadre pour indemniser les sinistrés a été trouvé peu avant minuit, lundi 10 janvier. La Ville de Paris va leur verser 20 millions d'euros. "Enfin, on voit le bout du tunnel", soupire Linda Zaourar, présidente de l'Association des victimes et rescapés de l'explosion de Trévise. 

Mais elle s'interroge : pourquoi une telle lenteur pour parvenir à un accord ? "Les accidents collectifs, c'est en moyenne six mois pour la mise en place d'un accord-cadre", rappelle . "Là, on se retrouve à trois ans pour une prise en charge, un devis médical, des soins qui sont liés aux blessures, liés à l'explosion. On ne comprend pas. Ce n'est pas possible d'avoir à ramer autant", dénonce-t-elle. 

"Il y a une défaillance, clairement."

Linda Zaourar

à franceinfo

Pour la présidente de l'Association des victimes et rescapés de l'explosion de Trévise, l'État a fait preuve de défaillance, auprès des centaines de victimes de l'accident du samedi 12 janvier 2019 dans le 9e arrondissement de Paris. L'explosion a fait quatre morts, 66 blessés dont dix graves et certains handicapés à vie, ainsi que des centaines de sinistrés. Inès par exemple, vient de subir sa 43e opération. Angela, danseuse d'origine italienne, a failli perdre sa jambe et a vu son rêve brisé. Amor Ben Taziri, pour sa part ne travaille plus et va entrer à l'hôpital mercredi 12 janvier pour une opération des dents, la première d'une longue série d'interventions. "Je ne peux pas manger de pain comme tout le monde", précise-il. Je ne peux pas croquer une pomme, soit c'est de la soupe, soit c'est de la compote." Cette situation dure depuis trois ans. 

Amor Ben Taziri, ancien réceptionniste, en accident du travail depuis 3 ans, le 11 Janvier 2021. (SANDRIEN ETOA / FRANCE INFO)

Ce père de famille de 47 ans travaillait comme réceptionniste dans la rue sinistrée. Il fait la liste de ses lourdes séquelles physiques. Amor Ben Taziri a perdu son œil gauche. " À l'intérieur c'est un raison sec. J'ai perdu les dents. J'ai des prothèses en plastique. Il reste 22 000 euros à payer. Je ne sais pas comment faire pour régler cette somme." Il ne sort plus de chez-lui en raison de sa vue défaillante. Amor Ben Taziri chute souvent et à besoin d'une assistance en permanence. Il a également perdu l'usage de son bras gauche. "Les muscles sont morts. Dès fois j'ai envie de l'arracher tellement ça fait mal."  

Une somme jugée insuffisante 

Si ces victimes vont donc pouvoir être accompagnées, les 20 millions d'euros débloqués par la ville de Paris sont insuffisants, insiste Dominique Paris, présidente de l'Association Trévise ensemble : "Le préjudice avait été évalué à plus de 200 millions d'euros", rappelle-t-elle. "Vous avez 400 ou 600 victimes, trois hôtels dont le Diva Opéra qui ont été fermés ..." Trois ans après l'explosion, les quatre immeubles les plus touchés, toujours en risque d'écroulement, sont simplement consolidés. Quant aux hôtels dévastés, ils ont été refaits à neuf grâce à l'argent des assureurs.  

Le versement des 20 millions d'euros aux victimes de la rue de Trévise doit être validé lors d'un conseil extraordinaire de la Ville de Paris, ce lundi 17 janvier.  

Trois ans après l'explosion rue de Trévise à Paris, les victimes indemnisées par la mairie - Le reportage de Sandrine Etoa

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