Ce que l'on sait sur l'attaque en camionnette au marché de Noël de Nantes

Un homme, présenté comme un déséquilibré, a foncé sur un chalet où était servi du vin chaud, situé sur l'une des places piétonnes les plus fréquentées du centre-ville. Il a blessé 10 personnes, avant de se poignarder.

Des enquêteurs inspectent la camionnette qui a foncé sur des passants du marché de Noël de Nantes (Loire-Atlantique), le 22 décembre 2014.
Des enquêteurs inspectent la camionnette qui a foncé sur des passants du marché de Noël de Nantes (Loire-Atlantique), le 22 décembre 2014. (GEORGES GOBET / AFP)

La foule était massée, place Royale à Nantes (Loire-Atlantique), lundi 22 décembre, à l'occasion du marché de Noël. En début de soirée, un automobiliste a foncé sur les passants, blessant 10 personnes dont quatre gravement, au lendemain d'un incident similaire survenu à Dijon (Côte-d'Or).

Francetv info revient sur ce que l'on sait de ce nouveau drame.

Que s'est-il passé ?

Peu avant 19 heures, le conducteur d'une camionnette blanche immatriculée en Charente-Maritime a foncé sur un chalet du marché de Noël, place Royale. "La voiture est arrivée [depuis une rue voisine] genre à 60 km/h, elle a tourné à droite et foncé sur des clients qui buvaient du vin chaud, a raconté un commerçant à francetv info. Les pneus ont crissé."

STEPHANIE PEREZ - FRANCE 2

Entre 200 et 300 personnes se trouvaient alors au marché de Noël, a précise l'adjoint à la sécurité de la ville, Gilles Nicolas.

Quel est le bilan ?

Le drame a fait 10 blessés dont quatre graves. L'automobiliste, de son côté, s'est porté une dizaine de coups de couteau au thorax après le choc, a détaillé la procureure de la République de Nantes, Brigitte Lamy.

Parmi les blessés, le pronostic vital de deux personnes est engagé, selon Manuel Valls, interrogé mardi sur Europe 1. Les blessés ont été transportés au CHU de Nantes.

Pourquoi le conducteur a-t-il foncé sur la foule ?

Si les motivations du conducteur de la camionnette restent, pour l'heure floues, "il s'agit vraisemblablement de l'acte d'un déséquilibré", a estimé le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Pour la procureure Brigitte Lamy, "on ne peut pas parler d'acte de terrorisme". Elle évoque "un cas isolé" sans "revendication particulière". "Contrairement à ce que laissaient penser certaines rumeurs, le forcené n'a pas crié 'Allahou akbar' ("Dieu est le plus grand")" après le drame, a précisé la magistrate.

Selon une source proche du dossier, citée par l'AFP, un carnet a été retrouvé dans son véhicule, contenant des propos confus témoignant de difficultés psychologiques et familiales. L'homme, qui serait âgé de 37 ans, est connu des services de police pour des faits de vol et recel en 2006, et dégradation de véhicule en 2008, selon la même source. BFMTV affirme qu'il était placé sous curatelle.

Y a-t-il un lien avec les drames de Dijon et Joué-lès-Tours ?

La procureure de la République de Nantes évoque un "acte volontaire", qui "ressemble, sous réserve de vérifications, à un acte du même genre que ce qui s'est produit à Dijon"

Si Manuel Valls assure "comprendre les inquiétudes vives et légitimes" des Français, le Premier ministre a assuré, mardi sur Europe 1, qu'il n'y avait "aucun lien" entre les attaques de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), Dijon (Côte-d'Or) et Nantes (Loire-Atlantique).

Dimanche, un conducteur avait foncé en voiture sur des passants en plein centre-ville en criant "Allahou akbar", blessant 13 personnes. L'homme était suivi pour des troubles psychiatriques depuis 2001 et régulièrement hospitalisé. La veille, un Français d'origine burundaise de 20 ans avait attaqué violemment et blessé, à l'arme blanche, trois policiers à Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), avant d'être tué.

Selon l'Elysée, ces actes "semblent sans rapport entre eux". Mais François Hollande a tout de même demandé à Manuel Valls d'organiser, mardi matin à Matignon, une "réunion ministérielle" pour "mobiliser les services de l'Etat" après cette série de drames.