Ce que l'on sait de la disparition de deux hommes dans le Luberon

Deux amis ont disparu dans le Luberon le 3 décembre, alors qu'ils rendaient visite à une connaissance. Deux corps ont été retrouvés mardi. Un suspect a été mis en examen pour "homicide involontaire" jeudi, et un autre est en garde à vue.

Article rédigé par
Alice Galopin - franceinfo
France Télévisions
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Temps de lecture : 4 min.
Le terrain de Revest-du-Bion (Alpes-de-Haute-Provence), sur lequel deux corps ont été découverts enterrés, photographié le 5 février 2020. (CHRISTOPHE AGOSTINIS / MAXPPP)

Ils étaient portés disparus depuis plus de deux mois. Deux amis, originaires de l'Aude, n'ont plus donné de nouvelles depuis le 3 décembre, alors qu'ils avaient rendez-vous chez une connaissance à Revest-du-Bion (Alpes-de-Haute-Provence), un village du Luberon. 

Deux corps ont été retrouvés, mardi 4 février, sur le terrain où se sont rendus les deux hommes. Une autopsie menée vendredi doit encore déterminer s'il s'agit des Audois. Deux personnes ont été placées en garde à vue mardi et mercredi, et l'une d'entre elle a été mise en examen pour "homicide volontaire" et placée en détention provisoire jeudi. Voici ce que l'on sait de cette affaire.

Les deux amis allaient chez une connaissance

Le 3 décembre, Gabriel Ferchal et Julien Boumlil, deux amis d'enfance âgés de 25 et 26 ans, originiaires de l'Aude, prennent la route en direction des Alpes-de-Haute-Provence. Les deux intérimaires parcourent 400 kilomètres pour un rendez-vous avec une connaissance à Revest-du-Bion, un petit village au cœur du Luberon, raconte Geoffrey Not, le cousin de Julien Boumlil, au Parisien. Selon le quotidien, il s'agit de Vincent M., un trentenaire qui vit avec son frère, Frédéric, et sa mère. Les deux amis doivent l'aider à effectuer un "dépannage poids lourd", indiquent-ils à la mère de Gabriel Ferchal. "Il m'a dit qu'il allait faire de la mécanique. D'ailleurs, sa compagne Maëva s'est rendu compte qu'il avait emmené ses deux caisses à outils", se souvient quant à elle sa grand-mère.

Selon la famille, les deux jeunes hommes arrivent à destination vers 17 heures. Ils passent quelques heures avec Vincent M., rencontré quelques années plus tôt à Carcassonne, et boivent un verre ensemble, retrace Julien Boumlil au quotidien. Aux alentours de 21h30, ils reprennent la route, à bord de leur Volkswagen Passat, pour se rendre à Pertuis (Vaucluse), à 70 kilomètres de Revest-du-Bion. Julien Boumlil doit y voir un ami d'enfance. Leur voiture n'arrivera jamais à destination et les deux hommes n'ont plus donné signe de vie depuis. 

L'entourage a mené sa propre enquête

Très vite la famille s'inquiète. "Ce n'est pas le genre de Julien de donner rendez-vous et de ne pas venir", s'alarme Geoffrey Not, qui décide d'enquêter. "On n'a pas été pris au sérieux par les gendarmes", estime-t-il dans Le Parisien

Les amis des deux disparus louent un hélicoptère pour scruter les départementales montagneuses de la région et "vérifier l'hypothèse d'une sortie de route". Sans succès. Ils ne trouvent aucune trace des deux amis ou de leur voiture. 

Le téléphone de l'un des disparus a borné pour la dernière fois cette nuit-là, à 00h46, à Rognes (Bouches-du-Rhône), une commune située à 18 kilomètres de Pertuis, selon les premiers éléments de l'enquête. "Que s'est-il passé entre 21h30 et 1 heure du matin ?", se demande Philippe Terras, membre de l'association ARPD (Assistance et recherche de personnes disparues) contactée par les familles, dans le quotidien francilien. 

L'hypothèse d'une disparition volontaire est balayée par l'entourage. "Gabriel a trois enfants à charge, le sien et ceux de sa compagne. Julien allait commencer un nouveau travail. Ils n'étaient pas dépressifs. A quelques jours de Noël, ce serait étonnant qu'ils aient voulu disparaître", argumente Geoffrey Not. "[Julien] partait parfois quelques jours, n'emmenait pas son chargeur de portable, mais on avait toujours des nouvelles. Cette fois, ce n'est pas normal", assure sa mère au Parisien

Deux corps ont été retrouvés

Les gendarmes ont retrouvé deux corps enterrés sur le terrain des deux frères, à Revest-du-Bion, mardi, grâce à des chiens spécialistes en recherche de restes humains. Les corps étaient dissimulés dans ce sous-bois depuis quelque temps déjà, selon les premières constatations

"Tout porte à croire qu'il pourrait s'agir des deux jeunes" disparus depuis le 3 décembre, a indiqué mercredi le procureur de la République d'Aix-en-Provence, Achille Kiriakides. Les autopsies pratiqués sur les deux corps retrouvés à Revest-du-Bion (Alpes-de-Haute-Provence) "confirment l’hypothèse de décès provoqués par des tirs d’arme à feu de type fusil de chasse" indique à franceinfo le parquet d'Aix-en-Provence. L'autopsie doit encore préciser s'il s'agit bien des deux amis disparus dans le Luberon depuis le 3 décembre.

Un suspect mis en examen pour "homicide volontaire"

Une enquête pour "enlèvement, séquestration sans libération volontaire" avait été ouverte après cette disparition et confiée à un juge d'instruction. Elle a été étendue au chef "d'homicide volontaire" après la découverte des deux corps.

Un premier suspect a été interpellé mardi et placé en garde à vue. Il s'agit de l'un des deux frères propriétaires du terrain, Frédéric M., rapporte Le Parisien. Cette personne était défavorablement connue des services de police, selon France 3 Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Il a été mis en examen pour "homicide volontaire" et placé en détention provisoire jeudi, a appris franceinfo vendredi auprès du procureur de la République d'Aix-en-Provence.

Un deuxième homme a été placé en garde à vue mercredi. Il doit être déféré ce vendredi après-midi en vue de sa présentation au juge d'instruction. Ce dernier "devrait probablement la mettre en examen du même chef." "Des réquisitions de placement en détention provisoire seront également prises à l’encontre de cette personne" indique le parquet à franceinfo. 

L'enquête a été confiée aux gendarmes de la Section de recherche (SR) de Marseille. Le pôle criminel d'Aix-en-Provence a été saisi.

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