"Antoine", policier du Raid en tête de l'assaut contre Amedy Coulibaly : "Je ne suis pas un héros"

Un policier du Raid raconte au "Parisien" du jeudi 2 avril l'assaut du magasin casher à la porte de Vincennes, lors de la prise d'otages meurtrière perpétrée par Amedy Coulibaly, le 9 janvier à Paris.

Les policiers juste avant l\'assaut contre le magasin casher où Amedy Coulibaly a pris en otages plusieurs personnes, le 9 janvier 2015 à Paris, près de la porte de Vincennes.
Les policiers juste avant l'assaut contre le magasin casher où Amedy Coulibaly a pris en otages plusieurs personnes, le 9 janvier 2015 à Paris, près de la porte de Vincennes. (JALLAL SEDDIKI / CITIZENSIDE / AFP)

Anonyme et courageux ne sont pas contradictoires. Un policier du Raid revient, dans un long entretien au Parisien, jeudi 2 avril, sur l'assaut donné par son unité d'élite contre le magasin Hypercacher de la porte de Vincennes, le 9 janvier, lors de la vague d'attentats perpétrés en région parisienne. Amedy Coulibaly avait déjà tué quatre otages juifs lors de l'attaque du magasin. La veille, il avait assassiné une policière à Montrouge (Hauts-de-Seine).

Le quotidien précise qu'"Antoine" - le prénom a été changé - est "un homme discret d'une trentaine d'années, sportif de haut niveau, qui avait déjà participé au siège du domicile de Mohamed Merah". Le 9 janvier, il a pris la tête de la première colonne d'assaut à l'entrée principale de l'Hypercacher, avec une priorité : "La vie des otages prime sur tout le reste."

"Pas de schéma préétabli"

Quel était l'état d'esprit du policier au moment de l'invervention ? Ne pas avoir "de schéma préétabli car c'est le meilleur moyen pour que ça dégénère" : "Le plus grand danger est de se retrouver face à une situation à laquelle on ne s'attendait pas." Antoine dit qu'il était "serein", "dans sa bulle", au moment de l'assaut.

Un de ses collègues ouvre le rideau métallique de l'entrée. "A une dizaine de mètres devant moi, de l'autre côté des caisses, le forcené surgit les armes à la main. Tout va très vite. Je rentre dans le magasin, j'aperçois les otages sur ma gauche. Il tire ses premières balles, qui viennent se loger dans mon bouclier." Antoine se décale alors vers la droite pour que les otages ne soient pas pris pour cibles et voit Amedy Coulibaly avancer vers lui en continuant à tirer. Les collègues d'Antoine "postés derrière" ouvrent alors le feu et abattent le terroriste. Après un débriefing, les policiers de l'unité vont faire un "bon dîner" car ils avaient besoin "de se retrouver" entre eux.

"J'ai juste fait mon travail"

Mais, insiste Antoine, "je ne suis pas un héros. Comme mes collègues, j'ai juste fait mon travail, rien de plus." Et "c'est le travail de tout un groupe, pas d'un seul policier, avec son bouclier". Un groupe soudé par un entraînement "toute l'année".

Intégrer le Raid, dit-il encore, était un "rêve de gosse" : la vocation lui est venue en voyant l'assaut lancé par le GIGN (reconstitué ici par Le Figaro) à l'assaut d'un avion d'Air France, aux mains d'un commando du Groupe islamique armé algérien à l'aéroport de Marignane, le 26 décembre 1994. Il y a vingt ans.