INFO FRANCE 2. Marseille : les autorités tunisiennes ont identifié l'auteur de l'attaque au couteau comme étant Ahmed Hanachi, un de leurs ressortissants

L'homme a tué deux femmes à coups de couteau, avant d'être abattu par une patrouille de militaires de l'opération Sentinelle.

Des enquêteurs sur le parvis de la gare Saint-Charles, le 1er octobre 2017, à Marseille, après une attaque au couteau.
Des enquêteurs sur le parvis de la gare Saint-Charles, le 1er octobre 2017, à Marseille, après une attaque au couteau. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

L'enquête sur l'auteur de l'attaque au couteau sur le parvis de la gare Saint-Charles de Marseille avance. Selon les informations de France 2, les autorités tunisiennes ont identifié l'assaillant comme étant l'un de leurs ressortissants, appelé Ahmed Hanachi. Cette vérification a pu être effectuée grâce aux éléments récupérés par la police française le 29 septembre à Lyon, lors de l'interpellation du suspect pour un fait de vol. Ahmed Hanachi est connu en Tunisie pour des faits de droit commun.

La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête, ouverte notamment pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et "tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique". Les investigations doivent permettre de préciser le profil et l'itinéraire de l'auteur de l'attaque. Voici ce que l'on sait de l'assaillant, abattu par des militaires de l'opération Sentinelle en patrouille.

Il était connu sous sept identités différentes

Le procureur de Paris, François Molins, a indiqué à la mi-journée que l'assaillant était étranger en situation irrégulière en France. Il n'avait pas de papiers d'identité sur lui. Mais les policiers ont trouvé plusieurs correspondances pour ses empreintes digitales dans leur base de données. L'homme était connu des services de police, en France et dans plusieurs pays du Maghreb, sous sept identités différentes, selon les informations de France 2, confirmées par François Molins. Il avait été arrêté pour une dizaine de faits de délinquance mineurs de droit commun entre Marseille, Toulon et Lyon, toujours d'après France 2. 

Le suspect n'était en revanche pas connu des services de renseignements et n'était pas fiché S. 

Il était en garde à vue la veille de l'attaque

Vendredi, l'homme avait été interpellé à Lyon pour le vol à l'étalage d'une veste dans un magasin de la Part-Dieu, avant d'être relâché, samedi, selon les informations de franceinfo, confirmées en partie par le procureur de Paris. 

Sa garde à vue avait été levée après le classement sans suite de la procédure "pour cause d'infraction insuffisamment caractérisée", et "les autorités préfectorales locales n'ont pas été en mesure de prendre une mesure d'éloignement à son encontre", a indiqué François Molins.

Il se présentait comme Ahmed H., SDF, sans emploi

Lors de sa garde à vue, l'assaillant avait déclaré vivre à Lyon, "s'était dit sans domicile fixe et sans emploi autre que des missions non déclarées comme peintre", "consommateur de drogues dures" et "divorcé", a poursuivi François Molins.

Dans le cadre de sa garde à vue, il a aussi "présenté un passeport tunisien délivré le 18 novembre 2014 au nom de Ahmed H., né le 9 novembre 1987 à Bizerte en Tunisie", a dit le procureur François Molins lors de sa conférence de presse. Des investigations sont "en cours pour s'assurer de l'authenticité" du passeport, qu'il n'avait pas sur lui au moment de l'attaque à Marseille.

Le corps du suspect de l\'attaque au couteau recouvert d\'un drap sur le parvis de la gare Saint-Charles, le 1er octobre 2017, à Marseille.
Le corps du suspect de l'attaque au couteau recouvert d'un drap sur le parvis de la gare Saint-Charles, le 1er octobre 2017, à Marseille. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Il avait un comportement "étrange"

Dimanche, vers 13h45, cet homme, assis sur un banc, s'est jeté sur deux femmes, les poignardant à plusieurs reprises. Il était armé d'un couteau de boucher et en possession d'un deuxième couteau. L'assaillant a rapidement été abattu par des militaires de l'opération Sentinelle en patrouille sur les lieux. Avant de mourir, le suspect a été menotté par des policiers en civil ayant fini leur service.

Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, qui s'est rendu sur les lieux de l'attaque, dimanche en début de soirée, n'a pas confirmé le caractère "terroriste" de l'acte. "A partir du moment où le procureur de Paris chargé du terrorisme a été saisi, c'est qu'il y a cette possibilité. Mais nous ne pouvons pas l'affirmer de manière assurée. Je préfère attendre les éléments de l'enquête", a dit le ministre.

Le comportement de l'assaillant a en effet été qualifié "d'étrange" par le ministre de l'Intérieur, au vu des bandes de vidéosurveillance. L'homme "commence par commettre [son] crime sur une première personne, s'enfuit, puis revient sur ses pas pour tuer la seconde personne". "C'est un élément d'interrogation", a souligné Gérard Collomb.

Le groupe Etat islamique le désigne comme l'un de ses "soldats" 

Selon les témoignages recueillis sur place, l'homme a crié "Allahou Akbar" en tuant les deux jeunes femmes, puis en se ruant sur les militaires, a indiqué le procureur de Paris, lundi midi. Dès dimanche soir, le groupe jihadiste Etat islamique a revendiqué l'attaque, dans un communiqué diffusé par son agence de propagande Amaq et relayé par le centre américain de surveillance des sites jihadistes, SITE. "L'auteur (...) provient des soldats de l'Etat islamique", assure une "source de sécurité" citée par l'organe de propagande.

"La revendication, via l'agence de propagande Amaq, parle effectivement d'un homme, présenté comme un combattant, comme un soldat de l'Etat islamique, qui a assassiné deux femmes à Marseille", confirme le chercheur Romain Caillet, spécialiste des questions islamistes, lundi sur franceinfo.

"Jusqu'à présent, on ne connaît pas de cas où l'Etat islamique a revendiqué à tort ou par opportunisme un attentat ou un crime, souligne le spécialiste. Par contre, il y a un certain nombre de cas dans le monde, en Turquie ou ailleurs, où il y a eu des attentats qui manifestement étaient faits par des sympathisants de l'Etat islamique, mais que l'organisation n'avait pas revendiqués."