Aulnay-sous-Bois : l'avocat de la famille du jeune homme interpellé dénonce une affaire "exceptionnellement grave"

Me Dupond-Moretti, avocat du jeune homme violemment interpellé par quatre policiers, à Aulnay-sous-Bois, dénonce lundi sur France Inter la thèse de l'accident avancée par les policiers. Trois d'entre eux ont été mis en examen pour violences volontaires et un pour viol. 

Maître Eric Dupont-Moretti au palais de justice de Bordeaux, le 5 octobre 2015.
Maître Eric Dupont-Moretti au palais de justice de Bordeaux, le 5 octobre 2015. (MEHDI FEDOUACH / AFP)

L'avocat de la famille du jeune homme violemment interpellé, jeudi 2 février, par quatre policiers à Aulnay-sous-Bois, Me Dupond-Moretti, estime qu'il y a "une véritable exigence vis-à-vis de la justice" sur cette affaire. Il a rejeté, lundi 6 février sur France Inter, la thèse accidentelle défendue par les policiers mis en examen dimanche, trois d'entre eux pour violences volontaires et un pour viol et violences volontaires.

"J'ai connu des tas d'affaires où la justice a enterré les choses, a estimé Me Dupond-Moretti. Il n'est pas question dans cette affaire que les responsabilités ne soient pas mises au jour."

La portée sexuelle des brutalités en question

"C'est une affaire exceptionnellement grave", assure Eric Dupond-Moretti, quie st revenu sur le déroulé de l'interpellation. "Il est contrôlé par quatre flics qui le battent, il y a du sang partout sur les murs. Et on introduit dans l'anus de ce jeune homme une matraque, le pantalon baissé –qui a du tomber par hasard." Les policiers se défendent d'avoir eu un geste à portée sexuelle.

Me Dupond-Moretti s'est insurgé de la qualification des faits en"violences volontaires", ironisant : "Tout ceux qui introduiront un objet quel qu'il soit dans le sexe ou dans l'anus pourront revendiquer qu'ils n'ont pas de visée sexuelle, et ils seront donc mis en examen pour violences, avis aux amateurs. Il y a la loi : le viol, c'est l'introduction par quelque moyen que ce soit d'un objet ou d'un sexe."

Les quatre policiers mis en examen

L'avocat a, par ailleurs, rappelé que le jeune homme de 22 ans, toujours hospitalisé, "n'est pas connu des services de police, il appartient à une famille de gens parfaitement intégrés". 

Les quatre policiers ont été mis en examen dimanche soir par le parquet de Bobigny. L'un des policiers est poursuivi pour viol et violences volontaires, les trois autres uniquement pour violences volontaires. Les quatre fonctionnaires ont été placés sous contrôle judiciaire. Ils ont tous les quatre été suspendus à titre conservatoire, avec effet immédiat, a annoncé le ministère de l'intérieur dimanche soir.