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Une plainte pour apologie du terrorisme déposée contre une pièce de théâtre sur Mohamed Merah

La plainte, déposée par les avocats de proches des victimes, vise l'auteur et le metteur en scène de cette pièce, présentée en off au festival d'Avignon, et qui décrit les dernières heures du terroriste.

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France Télévisions
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L'écrivain algérien Mohamed Kacimi, auteur d'une pièce de théâtre sur le terroriste Mohamed Merah, ici à Paris le 13 juin 2005. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Peut-on faire d'un terroriste le personnage principal d'une pièce de théâtre ? C'est le débat qui a agité l'édition 2017 du festival d'Avignon, où était présentée, en off, une pièce sur les dernières heures de Mohamed Merah. Une plainte pour apologie du terrorisme et antisémitisme a été déposée contre l'auteur et le metteur en scène de la pièce, par les avocats de proches des victimes du tueur, a-t-on appris jeudi 13 juillet.

"Une honte", estiment les avocats de proches des victimes

Mardi, des avocats de proches de victimes de Mohamed Merah avaient demandé au metteur en scène et à l'auteur du texte l'annulation de la dernière représentation de la pièce. "Nous considérons qu'une telle entreprise de réhabilitation dans le contexte que nous traversons, sous couvert d'alibi culturel, est une honte et un déshonneur", écrivaient-ils. La représentation s'était finalement déroulée sans incident, comme le raconte France 3 Occitanie.

Au total, la pièce a été jouée six fois à Avignon, du 6 au 11 juillet, au théâtre La Manufacture. Elle avait déjà été jouée à Paris, du 11 au 13 novembre 2015.

"Un texte pédagogique", se défend le directeur du théâtre

La pièce, œuvre de l'auteur algérien Mohamed Kacimi, mise en scène par Yohan Manca, la pièce s'intitule "Moi, la mort je l'aime comme vous aimez la vie", et a été écrite à partir du verbatim des derniers échanges entre les policiers et le tueur retranché dans son appartement, avant qu'il ne soit abattu par le Raid.

"Cela me choque parce que mettre Mohamed Merah dans une pièce de théâtre, montrer ça, parler de lui, de ses conversations, c'est faire de lui un héros", avait estimé Latifa Ibn Ziaten, mère de la première victime du terroriste, citée par France 3 Occitanie.

"Les Merah, Kouachi, auraient pu être mes voisins de classe ou mes coéquipiers au foot. Outre la folie, la peur des actes accomplis, c’est leur jeunesse qui m’a sauté au visage : ma jeunesse", explique le metteur en scène Yohan Manca sur le site du théâtre La Manufacture. "Si c’est un homme, que raconte-t-il de notre humanité ?", s'interroge-t-il, reconnaissant, avant la polémique, que "porter à la scène un assassin, un terroriste, lui redonner la parole est quelque chose de délicat".

Le directeur du théâtre, Pascal Keiser, cité par France 3 Occitanie, avait aussi défendu la pièce "C'est un beau spectacle, avec un texte pédagogique, que nous sommes fiers de défendre et qui pose bien la question des mécanismes de la radicalisation. Rien n'excusera jamais le meurtre d'un enfant de trois ans, et la pièce le dit clairement, mais ne pas traiter ces questions au théâtre, c'est faire la politique de l'autruche".

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