La mort de Michel Fourniret est "le symbole du fiasco de l'enquête autour d'Estelle", estime Eric Mouzin

"C'est la concrétisation de tout le temps perdu dans ce dossier", a regretté sur franceinfo le père d'Estelle Mouzin, disparue en 2003.

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Éric Mouzin, le père d'Estelle, lors d'un rassemblement en sa mémoire, le 9 janvier 2021. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

"On a perdu du temps à partir du premier jour", a regretté mardi 11 mai sur franceinfo Éric Mouzin, le père d’Estelle Mouzin, disparue en 2003. Michel Fourniret mis en examen dans quatre dossiers, dont la disparition de la petite fille, est mort lundi, à l'âge de 79 ans.

franceinfo : Comment réagissez-vous à la mort de Michel Fourniret ?

Éric Mouzin : Elle était annoncée, ce n'était pas un scoop. Simplement, c'est maintenant la concrétisation de tout le temps perdu dans ce dossier et des difficultés qui sont amplifiées par la perte de mémoire de Michel Fourniret. On a perdu du temps à partir du premier jour. Michel Fourniret a été arrêté en 2003, livré à la police française en 2004 et à partir de 2004, cela a été une succession d'allers-retours sur sa possible implication ou pas. Quand on analysera le dossier de procédure, on constatera que son cas n'a pas été traité sérieusement puisqu’en 2004 et en 2007, il demande à être jugé dans les dossiers de Joanna Parrish et Marie-Angèle Domece et Estelle.

Comment ne pas perdre du temps à nouveau à l'avenir dans ce genre d'affaires ?

Je pense que la disparition de Michel Fourniret aujourd'hui est le symbole du fiasco de l'enquête autour d'Estelle, mais également dans les autres dossiers. La juge Sabine Kheris est en train d'essayer de retrouver l'identité des personnes qui sont derrière les traces d'ADN qui ont été retrouvées chez Michel Fourniret. On peut d'ailleurs se poser la question de savoir comment des enquêteurs ou un système d'enquête peut accepter que la maison, dans laquelle il passe régulièrement, puisse être vidée de tout ce qu'elle contient, sans que les enquêteurs se posent la question de savoir s'il n'y a pas des preuves qui vont disparaître.

Vos espoirs s'accrochent-ils à Monique Olivier pour retrouver un jour le corps de votre fille ?

Je préfère m'accrocher aux actions concrètes de la juge Sabine Kheris plutôt qu'aux propos de Monique Olivier, qui reste quand même une criminelle de la pire espèce. Cela fait 18 ans que nous avons écrit notre slogan sur les affiches de l'association "Aidez-nous à retrouver Estelle et les autres enfants". Le combat continue. Simplement, je ne peux pas être actif. Je reçois les informations que me donne la juge d'instruction par le canal de mes avocats, qui sont très impliqués dans le dossier. Je ne peux pas participer à ma manière à l'enquête.

Est-ce que la mort de Fourniret va inciter Monique Olivier à parler ?

Je ne suis pas spécialiste en interprétation psychologique du comportement de ce genre de criminels. Peut-être qu’elle va parler, peut-être qu'elle ne va pas parler, qu'elle va donner des informations. C’est extrêmement frustrant d'être tributaire de la parole de ce genre de personnes. Je pense que madame Khéris va organiser une réunion pour faire un point d'étape, sans doute des dernières investigations et de ce qu'elle entend faire. Je sais qu'il y a encore des analyses techniques qui courent. On va peut-être nous donner les résultats de ces investigations. Et puis, peut-être qu'elle va reprendre les fouilles sur le terrain sur la base de nouveaux indices. Elle va déposer son dossier d'instruction bientôt. Il y aura peut-être un procès avec Monique Olivier toute seule.

Ce serait sans Michel Fourniret dans le box des accusés. Vous le regrettez ?

Juger une personne qui est réduite à l'état de légume, qui est sénile, qui n'est plus vraiment parmi les gens, je pense que cela ne présentait pas un très grand intérêt.

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