Affaire Grégory : "Si je savais quelque chose, je le dirais", assure Murielle Bolle

Dans une interview au "Parisien" publiée dimanche, Murielle Bolle maintient sa version sur la mort de Grégory Villemin en 1984.

Murielle Bolle en 1985.
Murielle Bolle en 1985. (MAXPPP)

Elle sort de son silence. Pour la première fois depuis la mort du petit Grégory, en 1984, Murielle Bolle, l'un des personnages-clé de l'affaire, se livre dans une interview au "Parisien". L'entretien intervient quelques jours avant la sortie de son livre, intitulé Briser le silence, et dans lequel elle a affirmé vouloir "donner sa vérité". Les 2 et 3 novembre 1984, la jeune fille de 15 ans avait accusé son beau-frère Bernard Laroche d'avoir enlevé Grégory, en sa présence. Avant de se rétracter en dénonçant la contrainte des gendarmes. 

Aujourd'hui âgée de 49 ans, Murielle Bolle clame son innocence, et confirme que la deuxième version qu'elle a donnée aux policiers est bien la "vérité". "Jamais je n’aurais pu cacher un tel crime, c’est horrible. (...) Si je savais quelque chose, je le dirais. Même si ça m’arrachait le cœur et que c’était Bernard, je le dirais." "Je porte la culpabilité de [la] mort" de Bernard Laroche, assure-t-elle aussi. Après ses accusations, son beau-frère avait été inculpé pour assassinat le 5 novembre 1984. Remis en liberté trois mois plus tard, notamment en raison d'erreurs de procédure, il avait été tué d'un coup de fusil par Jean-Marie Villemin, le père de Grégory.

Si elle dit "comprendre" les parents du petit garçon dans leur quête de vérité, elle réclame "qu’ils arrêtent de s’acharner contre nous". L'affaire Grégory "a brisé ma vie", conclut Murielle Bolle, qui égraine ses mésaventures : "contrainte d’arrêter l’école", elle a "dû abandonner [son] rêve professionnel de devenir pâtissière", et sa "relation avec ma sœur Marie-Ange, la femme de Bernard" s'est détériorée après 1984. Désormais, elle se "consacre à [sa] petite-fille". "Quand j’ai le blues, j’écoute du Johnny et je chante à tue-tête."