Lycéens de Mantes-la-Jolie interpellés : les policiers n'ont pas commis de faute, estime la directrice de l'IGPN

Cinq mois après l'arrestation polémique de 151 jeunes de 12 à 21 ans, l'Inspection générale de la police nationale n'a constaté aucune faute de la part des policiers.

Après de nouvelles émeutes près du lycée Saint-Exupéry à Mantes-la-Jolie (Yvelines), 151 personnes ont été interpellées par la police, le 6 décembre 2018.
Après de nouvelles émeutes près du lycée Saint-Exupéry à Mantes-la-Jolie (Yvelines), 151 personnes ont été interpellées par la police, le 6 décembre 2018. (CAPTURE D'ÉCRAN / TWITTER)

Les policiers n'ont pas commis de faute lors de l'arrestation polémique de lycéens à Mantes-la-Jolie (Yvelines), selon l'enquête administrative diligentée après les faits, a indiqué jeudi 16 mai la patronne de l'Inspection générale de la police nationale. Il n'y a "pas (eu) de comportements déviants de la part des policiers", a ajouté Brigitte Jullien, auditionnée par une commission d'enquête de l'Assemblée nationale, jeudi 16 mai, rappelant "le contexte très, très violent à l'époque"Les lycéens qui avaient porté plainte ont été entendus cette semaine par la police des polices, qui avait été saisie du dossier en février dernier.

Le 6 décembre 2018, ces jeunes de 12 à 21 ans avaient été interpellés après des incidents en marge d'une manifestation dans le cadre d'une mobilisation nationale des lycéens, et forcés de se tenir à genoux, mains sur la tête, pendant plusieurs heures. La vidéo de leur arrestation avait provoqué un tollé. Par ailleurs, une enquête préliminaire suit toujours son cours dans ce dossier. Avocat d'une vingtaine de lycéens, Arié Halimi a annoncé le dépôt d'une plainte avec constitution de partie civile auprès du parquet de Nanterre, pour contraindre à la nomination d'un juge d'instruction.

249 enquêtes judiciaires ouvertes

Brigitte Jullien a par ailleurs indiqué que 249 enquêtes judiciaires avaient été ouvertes à l'IGPN dans le cadre du mouvement des "gilets jaunes", dont quatre dans le cadre d'une information judiciaire. La patronne de la police des polices a regretté "le peu de retour de la justice sur la suite de ces enquêtes" alors que 72 d'entres elles ont été "clôturées et retournées à l'autorité judiciaire", à l'exception d'un classement sans suite prononcé par le parquet de Toulouse.

Auditionné dans la foulée, le patron de l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), le général Michel Labbé, a indiqué que 15 enquêtes judiciaires avaient été ouvertes par ses services, dont quatre pour usage inapproprié du lanceur de balles de défense (LBD), deux pour usage d'une grenade, sept pour usage de la force et deux pour des propos inappropriés. "Sur certains (cas) les enquêtes sont terminées, (...) et un classement sans suite a été décidé par le procureur."