Violences urbaines : à Montreuil, la position de La France insoumise divise les habitants

Son leader, Jean-Luc Mélenchon refuse d'appeler explicitement au calme après les débordements liés à la mort du jeune tué par un policier. Cette position divise les électeurs.
Article rédigé par franceinfo, Victoria Koussa
Radio France
Publié Mis à jour
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Une voiture brûlée à Nanterre suite à des violences urbaines le 1er juillet dernier. (JULIEN MATTIA / EPA)

Critiquée par ses alliés, la France insoumise reste sur sa ligne. La ville de Montreuil, en Seine-Saint-Denis est incluse dans une circonscription insoumise, celle d'Alexis Corbière. Une partie du centre-ville a été saccagée par des émeutiers. Chez les habitants, la position affichée par Jean-Luc Mélenchon divise : le leader insoumis appelle "notamment les plus jeunes" à "ne pas toucher" aux écoles ou aux bibliothèques, "notre bien commun", mais sans condamner les violences de ces derniers jours suite à la mort de Nahel, jeune tué par un policier. Les policiers "sont responsables d'une partie de la situation", a par ailleurs avancé Jean-Luc Mélenchon.

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Autour de Sandrine, une habitante de Montreuil, des plaques de bois sur les vitrines des boutiques qui n'ont pas encore explosé. "Tout est barricadé, tous les magasins sont fermés", décrit-elle. L'absence d'appel au calme de LFI l'indigne : "Ce n'est pas que ça me déçoit, c'est que je trouve ça honteux. Des gens qui se disent tournés vers le populaire, on ne voit pas le côté populaire. Ici, ce ne sont pas des Mercedes qui ont été abîmées..."

"Pour Mélenchon, s'il se présente à d'autres élections, ici ou ailleurs, ça lui coûtera cher !"

Elisabeth, habitante de Montreuil

à franceinfo

Élisabeth, une autre Montreuilloise, fulmine : "Monsieur Mélenchon, je trouve que c'est inadmissible, ce qu'il fait. Il provoque et essaie de faire la révolution pour prendre le pouvoir." 

"Comment peut-on rester calme ?"

Chez les jeunes électeurs, le ton est tout autre : il n'y pas de colère contre le leader insoumis et son parti. "Comment peut-on rester calme après un drame pareil ?", se questionne une jeune femme, ajoutant : "A un moment donné, si on se fait tuer dans la rue pour rien, non, on ne peut pas appeler au calme. Après, les Insoumis n'ont pas appelé à vandaliser toutes les boutiques du quartier ou du centre-ville".

Et une autre de préciser : "Évidemment, ce n'est pas bien de brûler. Mais, en même temps, ce n'est pas pour rien que ça a eu lieu". Elles se disent prêtes à soutenir les émeutiers "coûte que coûte". 

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