Cet article date de plus d'un an.

Violences après la mort de Nahel : le point sur les mesures annoncées par les autorités

Après trois nuits d'émeutes dans des dizaines de communes françaises, le ministère de l'Intérieur a transmis des consignes aux préfets.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
Un véhicule de pompiers devant une zone commerciale de Poitiers (Vienne), le 30 juin 2023. (JEAN-FRANCOIS FORT / HANS LUCAS / AFP)

Le cycle de violences, pillages et destructions ne semble pas encore enrayé dans le pays, après trois nuits d'émeutes consécutives à la mort de Nahel, tué mardi par un policier à Nanterre (Hauts-de-Seine). La Première ministre, Elisabeth Borne, a annoncé, vendredi 30 juin, que des blindés de la gendarmerie seront déployés dans tout le pays. Des blindés centaure sont arrivés en région parisienne, a appris franceinfo de source proche du dossier. D'autres blindés légers sont à Nantes, Toulouse, Metz, Lyon et Mons-en-Barœul (Hauts-de-France). Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a de son côté annoncé vendredi soir sur TF1 que 45 000 policiers et gendarmes seront "sur le terrain" pour contenir les émeutes, contre 40 000 la veille.

>> Violences après la mort de Nahel : suivez les dernières informations en direct

Des manifestations interdites à Marseille, Lyon, Bordeaux...

Les préfectures de plusieurs grandes villes ont interdit vendredi toute manifestation dans les centres-villes. Ces interdictions sont en vigueur à Marseille, Lyon, Lille, Bordeaux, Montpellier, Toulouse, Strasbourg, Grenoble, Annecy... Les préfectures rappellent que ces manifestations n'ont pas été déclarées. Des appels à des rassemblements avaient été lancées dans 18 grandes villes "contre le racisme, les crimes et les violences policières". Ils avaient été largement relayés sur les réseaux sociaux depuis deux jours.

Des rassemblements, malgré ces interdictions, ont lieu place de la Concorde, à Paris, mais également à Rouen, Chambéry et dans plusieurs autres villes. Des affrontements ont notamment opposé manifestants et forces de l'ordre devant l'hôtel de ville à Lyon, au début d'un rassemblement contre les violences policières interdit par la préfecture du Rhône.

Les bus et trams arrêtés à 21 heures sur tout le territoire

Le ministère de l'Intérieur a ordonné aux préfets d'interrompre la circulation des bus et tramways sur tout le territoire à partir de 21 heures, afin de limiter la propagation des émeutes qui visent aussi les infrastructures de transport. En Ile-de-France, avant même cette annonce, Ile-de-France Mobilités (IDFM) avait annoncé la fin des services de bus et tramways à 21 heures tous les soirs "jusqu'à nouvel ordre", comme c'était déjà le cas jeudi. Le métro fermera lui aux mêmes horaires qu'en semaine (autour d'une heure du matin) vendredi et samedi, soit une heure plus tôt que d'habitude.

Ailleurs en Ile-de-France, 18 bus ont été brûlés à Provins (Seine-et-Marne) et, au total, Ile-de-France Mobilités a dénombré une trentaine de véhicules détruits. Des décisions de fermeture de réseaux de transports ont été prises un peu partout en France tout au long de la journée. A Marseille, tout le réseau a été mis à l'arrêt dès 19 heures, métro compris. Dès le milieu d'après-midi, Bordeaux, Grenoble ou Pau annonçaient la fin du service des bus et tramways pour 21 heures. A Saint-Etienne, "en raison des multiples incivilités survenues la nuit dernière", la fermeture était annoncée pour 20 heures. A Metz, c'était même 19h30.

Des grands événements annulés

"Face à ces événements, décision a été prise d'annuler plusieurs événements festifs et rassemblements dans les départements qui sont les plus sensibles", a déclaré Emmanuel Macron vendredi. Les deux concerts de Mylène Farmer, prévus vendredi et samedi soir au Stade de France, ont notamment été annulés par les autorités. La préfecture de Seine-Saint-Denis a annoncé cette annulation, à la demande des élus du département, quelques heures avant le premier spectacle.

Le festival Fnac Live, qui se déroule en grande partie sur le parvis de l'hôtel de ville de Paris, a annoncé dans la foulée l'annulation de sa dernière soirée de concerts, vendredi soir, "au vu des circonstances". La mairie de Paris avait pourtant appelé un peu plus tôt, dans un communiqué, au "maintien de l'ensemble des activités sur l'espace public parisien, marchés, fêtes d'école, événements culturels et sportifs, en demandant aux organisateurs une vigilance accrue". Plus généralement, de nombreux événements ont été annulés dans tout le pays. 

Plus de 900 interpellations en France

"Nous avons interpellé 917 émeutiers hier, c'est énorme, a déclaré sur TF1 le ministre de l'Intérieur, précisant qu'un tiers d'entre eux étaient des mineurs. Leur moyenne d'âge, c'est 17 ans, et nous en avons interpellé certains qui avaient 13 ans", a détaillé Gérald Darmanin, qui évoque "quelques centaines de délinquants qu'il faut interpeller".

La vente et le transport de mortiers, d'essence, d'acides interdits

Le ministère de l'Intérieur a demandé aux préfets de prendre systématiquement des arrêtés d'interdiction de vente et de transport de mortiers, de bidons d'essence, d'acides, de produits inflammables et chimiques. Le gouvernement prévoit en outre une "action renforcée des douanes" pour contrôler le transport de produits interdits depuis des pays frontaliers.

Une circulaire pour les comparutions immédiates

Le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, va de son côté prendre une "circulaire pénale spécifique" qui prévoit "le renforcement des comparutions immédiates" pour les personnes déférées dans le cadre des émeutes, une "interdiction de paraître pour les majeurs et une interdiction de sortie de nuit pour les mineurs". Enfin, il y aura un "rappel de la responsabilité civile des parents et des sanctions pour les parents qui commettent de graves manquements à leurs obligations légales".

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.