Mort de Nahel : âge médian de 17 ans, "convergence inhabituelle des luttes"... Les renseignements dressent le profil-type des émeutiers

Trois jours après la mort d'un adolescent de 17 ans tué par un policier, une note des renseignements territoriaux distingue plusieurs types d'émeutiers, "jeunes des cités", "éléments divers issus de l'ultra-gauche" et personnes "venant rendre service aux militants de l'ultra-gauche".
Article rédigé par Aurélien Thirard, David Di Giacomo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Des CRS, assurés par la BRI, essuient des tirs de mortier d'artifices à Nanterre, le 30 juin 2023. (PHILIPPE MODOL / RADIOFRANCE)

Alors qu'Emmanuel Macron "appelle tous les parents à la responsabilité" après trois nuits de violences urbaines, on en sait plus sur le profil des émeutiers qui agissent un peu partout en France. Dans une note des renseignements territoriaux (RT) consultée par franceinfo vendredi 30 juin, on apprend qu'un tiers des émeutiers sont des mineurs, avec un âge médian "qui pourrait être de 17 ans". 

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Selon cette note, moins de 2% d'entre eux sont connus des services de renseignements et ce sont quasi exclusivement des hommes "qui ont la culture des réseaux sociaux dans leur mode d'action". Cette note distingue trois profils parmi les émeutiers : des "groupes de jeunes de cité, des éléments de l'ultra-gauche et des personnes en opportunité sur l'événement".

"Tactiques de guérilla urbaine éprouvées"

Dans la première catégorie dite des "groupes de jeunes de cité", la note décrit des "groupes mobiles, spontanés, de jeunes désœuvrés de cités, âgés en moyenne de 17 à 24 ans et connus pour des faits de droit commun (vols, violences, usage de produits de stupéfiants)". Selon les renseignements territoriaux, "ces émeutiers utilisent des tactiques de guérilla urbaine éprouvées, combinant embuscades précédées de barricades et déplacements de groupes mobiles".

"Les cibles ne semblent pas déterminées précisément à l'avance, et les agissements des individus sont avant tout déterminés par l'effet de groupe et les opportunités", ajoutent les renseignements territoriaux. "Leur mode opératoire reste classique avec des appels sur les réseaux sociaux". La diffusion des vidéos de prises à partie sur les réseaux sociaux "a pour but de glorifier ces actions et de décrédibiliser les forces de l'ordre", analysent encore les enquêteurs.

"Convergence inhabituelle des luttes"

Par ailleurs, en plus de ces "groupes de jeunes de cité", les renseignements territoriaux constatent sans apporter beaucoup plus de précisions que "des éléments divers issus de l'ultra-gauche animés par la logique du chaos" sont présents lors de ces violences urbaines. Il s'agit de militants "rompus à l'affrontement et capables de structurer les modes opératoires (barricades, blocages)", peut-on lire dans la note. "Ces deux groupes d'individus (...) n'ont pas d'affinité particulière en raison d'aspirations contradictoires : défense d'un territoire (...) pour les premiers, et volonté d'abattre les institutions (...) pour les seconds".

Reste le troisième groupe, celui de personnes "venant rendre service aux militants de l'ultra-gauche" et "certains 'paumés' [qui] sont dans une logique de contestation de la politique gouvernementale", selon les renseignements territoriaux. La note prend le cas spécifique de Toulouse où les forces de l'ordre ont constaté "une convergence inhabituelle des luttes entre jeunes de cités et militants d'ultra-gauche". 

Enfin, la note souligne que "pour l'heure, l'usage des armes à feu reste marginal". Les renseignements territoriaux indiquent que "deux profils principaux se dégagent parmi les mis en cause qui peuvent parfois se retrouver (...) dans une démarche opportuniste, en vue de maximiser les troubles à l'ordre public, en vue de semer le chaos sur certains secteurs du territoire. (...) Certains n'hésitent pas à déclarer lors de leur interpellation qu'ils sont là pour s'amuser", indiquent les renseignements territoriaux. Et de conclure : "Une émulation inter-quartiers semble constituer également une dynamique importante depuis la deuxième nuit des violences urbaines".

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