Poursuivi pour outrage, un frère d'Adama Traoré relaxé

Il lui était reproché d'avoir mimé, alors qu'il était à l'arrière d'une voiture, le geste de tirer avec deux pistolets en direction de deux gendarmes qui roulaient à sa hauteur.

L\'entrée du palais de justice de Pontoise (Val-d\'Oise), le 13 février 2018.
L'entrée du palais de justice de Pontoise (Val-d'Oise), le 13 février 2018. (FRANCOIS MORI/AP/SIPA)

Le parquet avait requis deux mois de prison ferme à son encontre. Un frère d'Adama Traoré, mort en 2016 lors de son interpellation par les gendarmes, a été relaxé vendredi 23 février par le tribunal de Pontoise, où il était poursuivi pour outrage.

Il lui était reproché d'avoir mimé le geste de tirer avec deux pistolets en direction de deux gendarmes qui roulaient à sa hauteur, alors que lui-même se trouvait à l'arrière d'une voiture le 25 juillet 2016, sur une départementale du Val-d'Oise.

Une invitation à "circuler", selon le prévenu

A l'audience, Bagui Traoré, 26 ans, a expliqué avoir fait un geste vers les gendarmes pour les inviter à "circuler" car "il ne voulait pas les voir" compte tenu de ce qui était arrivé à son frère six jours plus tôt, a déclaré son avocat, Matthieu Chirez.

Les deux gendarmes, dont un seul avait porté plainte, n'étaient pas présents ni représentés par un avocat.

Matthieu Chirez a fait valoir que les déclarations des militaires, qui avaient soutenu que Bagui Traoré avait "sorti ses mains à l'extérieur" de la voiture, étaient "contredites par les investigations techniques", les vitres arrière étant bloquées. "Le tribunal a tiré les conséquences judiciaires qui s'imposaient", s'est félicité l'avocat à l'issue de l'audience.