Mort d'Adama Traoré : la justice refuse la demande de reconstitution, la famille compte la financer elle-même

Les proches d'Adama Traoré soutiennent que c'est le "plaquage ventral" lors de l'interpellation qui a provoqué la mort du jeune homme.

Manifestation à Paris le 30 juillet 2016, après la mort d\'Adama Traoré lors de son interpellation dans le Val-d\'Oise.
Manifestation à Paris le 30 juillet 2016, après la mort d'Adama Traoré lors de son interpellation dans le Val-d'Oise. (JULIEN MATTIA / NURPHOTO / AFP)

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a rejeté jeudi 27 février la demande de reconstitution de l'interpellation d'Adama Traoré, a appris franceinfo auprès de l'avocat de la famille. Cette demande, déposée par les proches d'Adama Traoré, avait été rejetée une première fois par les juges d'instruction, la famille avait fait appel de ce rejet.

Une "reconstitution aura bien lieu", réagit maître Yacine Bouzrou, qui représente les proches d'Adama Traoré. Cette reconstitution "sera organisée et financée par les parties civiles. Elle sera bien entendu versée au dossier en vue de la manifestation de la vérité." Il dénonce la décision de la justice ce jeudi "incompréhensible d’un point de vue juridique".

Une demande de reconstitution appuyée par le parquet de Paris

Depuis trois ans et demi, les proches se battent pour connaître les raisons du décès de ce jeune homme de 24 ans, mort en juin 2016 à la gendarmerie de Persan, dans le Val-d'Oise, après une interpellation musclée. Les proches d'Adama Traoré soutiennent que c'est la technique d'intervention des gendarmes, le "plaquage ventral", qui a provoqué la mort du jeune homme.

La demande de reconstitution a été appuyée par le parquet général de Paris. Dans son réquisitoire rendu en janvier, le parquet estimait nécessaire de réaliser "une reconstitution de la seconde interpellation d’Adama Traoré en présence du médecin légiste pour comprendre précisément les circonstances de celle-ci et l’impact sur l’asphyxie". Il demande également une reconstitution de la prise en charge d’Adama Traoré entre l’arrivée du véhicule à la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise) et le décès.

Le décès du à un coup de chaleur selon l'avocat des gendarmes

De son côté, l'avocat de deux gendarmes placés sous le statut de témoin assisté s’opposait à la demande de reconstitution. "L’instruction est définitivement terminée", d'après lui. Il affirme que "la cause du décès est une hyperthermie maligne due à un effort violent consenti lors d’une journée caniculaire", c’est-à-dire un coup de chaleur.