Adama Traoré : quelle est la stratégie du gouvernement en cas de nouvelles manifestations ?

Mardi 2 juin, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a dénoncé les heurts survenus lors de la manifestation réclamant justice pour Adama Traoré, interdite pour des raisons sanitaires. Comment le gouvernement va-t-il gérer cette vague de colère ? Les réponses du journaliste Julien Gasparutto. 

FRANCE 3

Le gouvernement dit suivre de près la situation, après la manifestation de 20 000 personnes à Paris, mardi 2 juin, pour demander justice pour Adama Traoré, ce jeune homme noir décédé en 2016 après une interpellation policière. "Au sein de l’exécutif, on se dit très attentif vis-à-vis de la situation, tout en indiquant que la situation sociale de la France n’est pas comparable avec celle des États-Unis, selon un proche du Premier ministre", indique le journaliste Julien Gasparutto, en duplex du ministère de l’Intérieur, à Paris.

Une équation complexe

"Dès mardi soir, Christophe Castaner a indiqué que si cette manifestation avait été interdite, c’est uniquement parce que les rassemblements de plus de dix personnes sont interdits pour des raisons sanitaires", ajoute-t-il. Une question se pose : quelle attitude adopter s’il y avait d’autres appels à manifester ? "Au ministère de l’Intérieur, on reconnaît que la réponse à apporter est compliquée, entre d’un côté faire respecter strictement l’état d’urgence sanitaire et donc interdire ces rassemblements, et de l’autre faire preuve de souplesse, laisser faire et ne pas surréagir pour ne pas rajouter d’huile sur le feu. Une équation très complexe à résoudre pour le gouvernement”, conclut Julien Gasparutto.

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Des manifestants réunis devant le palais de justice de Paris réclament la vérité sur les causes de la mort d\'Adama Traoré, le 2 juin 2020.
Des manifestants réunis devant le palais de justice de Paris réclament la vérité sur les causes de la mort d'Adama Traoré, le 2 juin 2020. (JULIEN BENJAMIN GUILLAUME MATTIA / ANADOLU AGENCY / AFP)