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Brétigny : où en est l'enquête une semaine après le drame ?

Vendredi, des passagers du train ont annoncé leur intention de porter plainte contre la SNCF, afin d'obtenir la "reconnaissance de leur préjudice".

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France Télévisions
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Des enquêteurs inspectent le train qui a déraillé à Brétigny-sur-Orge (Essonne), au lendemain de l'accident, le 13 juillet 2013. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Les passagers s'invitent dans l'enquête. Une quinzaine d'usagers du train qui a déraillé le 12 juillet à Brétigny envisagent de porter plainte contre la SNCF, a-t-on appris vendredi 19 juillet. Ils souhaitent "obtenir une reconnaissance de leur préjudice", a expliqué leur avocat au micro de RTL"Le but, c'est de participer à l'enquête", précise-t-il. Justement, où en sont les investigations ? Une semaine après le drame, francetv info revient sur les dernières informations.

Des passagers sous le choc veulent "apporter leur vérité"

Les personnes qui ont sollicité Xavier Gruwez, avocat spécialisé dans le transport ferroviaire, ont été "choquées à la vue de l'accident (…) et aussi de ce qu'elles ont vu après l'intervention des secours, notamment certaines personnes qui prenaient des photos sans forcément venir porter secours aux gens", raconte-t-il. Ce préjudice psychologique, elles souhaitent à présent le faire reconnaître par la justice. Selon l'avocat, le but de la démarche n'est pas tant le dédommagement financier, qui "sera probablement d'ordre symbolique". Ces passagers souhaitent surtout apporter "leur part de vérité", précise-t-il.

Confusion autour des boulons ramassés pour l'enquête

Trois enquêtes sont toujours en cours pour tenter d'élucider les circonstances du déraillement. On sait à présent que c'est l'éclisse, un élément qui relie deux rails entre eux, qui est à l'origine du drame. Les enquêteurs se concentrent donc sur cette pièce. 

Mais vendredi, un document révélé par Europe 1 a mis le doute. Un expert de la SNCF s'interroge : les boulons que les enquêteurs ont ramassés pourraient ne pas être ceux qui fixaient l'éclisse à l'origine du déraillement mortel. Deux hypothèses pourraient expliquer cette erreur. Soit les boulons prélevés sont des pièces de rechange "qui ont été vissées à l'éclisse, en attendant d'avoir le bon modèle pour effectuer une réparation", soit les enquêteurs ont ramassé des écrous qui n'appartenaient pas à l'éclisse.

Pour étayer ses conclusions, l'expert s'appuie sur des clichés pris après l'accident. Il y constate que les boulons ramassés ne sont jamais à la même place, et ont donc été manipulés sur le terrain. L'expert note aussi que "visiblement", seulement trois boulons maintenaient l'éclisse en place, et non quatre, comme l'a notamment relevé le président du conseil régional d'Ile-de-France, Jean-Paul Huchon. Cela aurait donc échappé au contrôle visuel effectué par le personnel en charge.

 Nouvelles révélations sur des vols et caillassages

La polémique ne s'éteint pas. Selon un document confidentiel de la direction centrale des CRS, révélé jeudi par Le Point et consulté par l'AFP, les forces de l'ordre mobilisées ont fait face à leur arrivée "des individus venus des quartiers voisins, qui gênaient la protection des véhicules de secours en leur jetant des projectiles". Le rapport de la DCCRS va même plus loin : "Certains de ces fauteurs de troubles avaient réussi à s'emparer d'effets personnels éparpillés sur le sol ou sur les victimes." 

Une source préfectorale a toutefois affirmé à l'AFP que les faits décrits dans ce rapport ne "collent pas". Les CRS seraient en effet arrivés sur les lieux à 19 heures, soit une heure et demie après l'arrivée des premiers secours. Les autorités relativisent depuis samedi l'importance de ces incidents, qualifiés d'"actes isolés" par le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier. Nathalie Kosciusko-Morizet, députée UMP de l'Essonne et candidate à la mairie de Paris, a estimé vendredi que le "gouvernement devait s'expliquer"

Quatre plaintes pour des faits de vol survenus après le déraillement du Paris-Limoges ont été recensées, a indiqué le parquet d'Evry, vendredi soir. Outre la plainte d'un médecin urgentiste victime du vol de son portable et pour laquelle une enquête du chef de vol en réunion et avec violences a été ouverte, "une enquête distincte est diligentée sur la commission de faits de vols, commis lors de l'évacuation des blessés par la Sûreté départementale de l'Essonne". Trois plaintes ont été recueillies.

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