1er-Mai à Paris : le préfet se porte partie civile après l'agression d'un pompier, les avocates de la suspecte parlent de violation du secret de l'instruction

Une femme est sur le banc des accusés. Elle a été filmée en train de recourir à la violence pour empêcher un sapeur-pompier d'éteindre un feu de palettes lors de la manifestation du 1er-Mai à Paris.

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Radio France
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Une manifestante agresse un pompier qui tente d'éteindre un incendie après des affrontements lors de la manifestation du 1er-Mai (fête du travail), à Paris, en France. (MYLENE DEROCHE / MAXPPP)

"Le préfet de police de Paris s'est porté partie civile en soutien du sapeur-pompier agressé" lors de la manifestation du 1er-Mai dimanche dernier à Paris, indique la préfecture de police mercredi sur Twitter, quelques heures avant le procès de la suspecte. 

Cette femme sera jugée pour "violences sur personne chargée d'une mission de service public", "outrage", "rébellion", "participation à un groupement en vue de commettre des violences", "dégradations lors d'une manifestation" et "entrave à l'arrivée des secours destinés à combattre un sinistre dangereux pour les personnes".

La suspecte, une soignante de rue (street medic) bénévole de 38 ans a été filmée en train d'essayer d'empêcher un sapeur-pompier d'éteindre un feu de palettes dans le 11e arrondissement. Elle essaie d'abord de s'emparer de sa lance puis, n'y arrivant pas, le frappe à plusieurs reprises.

Selon les informations de franceinfo, cette femme est une habituée des cortèges de "gilets jaunes". Des appels à manifester en faveur du mouvement, lancés il y a encore quelques semaines, sont publiés sur son compte Facebook. Elle se revendique également des convois de la liberté, créés par des chauffeurs routiers au Canada pour dire leur opposition aux mesures sanitaires. Elle se présente aussi comme une militante contre le pass sanitaire.

Ses avocates ont annoncé mercredi par communiqué qu'elles allaient déposer plainte pour violation du secret de l'instruction. Elles dénoncent la publication d'éléments de personnalité de leur cliente dans les médias. 

"Il est inadmissible que le parquet de Paris ait pu, en violation du secret de l'enquête, communiquer à la presse l'identité de notre cliente comme les éléments de la fouille."

Me Alice Becker et Me Aïnoha Pascual

communiqué

"Nous déplorons également le traitement médiatique dont fait l'objet cette affaire", continuent-elles, rappelant que "lors de cette manifestation du 1er mai, une femme a été violemment frappée lors d'une charge de police et qu'elle a été laissée gisante sur la chaussée avec une importante plaie à la tête et un traumatisme crânien. Cette scène d'une rare violence (…) n'a bénéficié d'absolument aucune couverture médiatique". Les avocates regrettent aussi que le parquet ait décidé de faire juger la prévenue en comparution immédiate mercredi, sans avoir au préalable recueilli leurs observations, comme le code de procédure pénale le prévoit.

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