Christiane Taubira remporte la Primaire populaire : écologistes, insoumis et socialistes regrettent "une candidature de plus"

L'ancienne ministre de la Justice et candidate à la présidentielle est arrivée en tête de l'initiative citoyenne, ce dimanche, devant Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon. 

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Radio France
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Christiane Taubira, candidate à la présidentielle, après sa victoire lors de la Primaire populaire, à Paris, dimanche 30 janvier 2022. (THOMAS COEX / AFP)

Après la victoire de Christiane Taubira à la Primaire populaire, dimanche 30 janvier, le président du Parti radical de gauche (PRG) et soutien de l'ancienne ministre de la Justice, Guillaume Lacroix, affirme sur franceinfo que "tout commence pour l'union de la gauche, pour la rendre possible". L'ancienne ministre de la Justice, candidate à l'élection présidentielle, devance Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon.

"Il n'y a pas un parti de gauche, il n'y a pas un responsable de gauche, il n'y a pas un militant de gauche qui ne peut pas regarder 400 000 votants sans se dire que là, il se passe vraiment quelque chose."

Guillaume Lacroix, président du Parti radical de gauche

à franceinfo

Guillaume Lacroix estime cependant que les différents candidats sont "légitimes" à poursuivre leur campagne. "Ils n'allaient pas tout interrompre pour une Primaire populaire qu'ils n'avaient pas souhaité." Mais à présent selon lui, la campagne "entre dans une nouvelle phase" avec "une légitimité citoyenne qui doit s'additionner aux légitimités militantes, qui doivent s'additionner à la légitimité des élus".

Pour le président du PRG, "l'urgence" n'est pas "d'avoir un bulletin Taubira le 10 avril sur la table de vote", mais plutôt d'avoir "un bulletin de la gauche qui emmène à l'Elysée". "Il y a une coalition toujours possible à construire avec les écologistes et les socialistes", défend Guillaume Lacroix.

Yannick Jadot n'a "rien" à répondre

Invité à réagir à la victoire de Christiane Taubira, Yannick Jadot, a affirmé sur TF1, dimanche, qu'il n'avait "rien" à répondre. Arrivé deuxième de l'initiative citoyenne, le candidat écologiste à la présidentielle estime que "c'est une candidature de plus, je crois que c'est exactement l'inverse de ce que souhaitait la Primaire populaire".

Le député EELV David Cormand, rappelle sur franceinfo que Yannick Jadot avait refusé de participer au scrutin et que son nom y a été associé malgré lui. Mais il reconnaît que "le fait qu'il arrive deuxième est un beau score, je suis plutôt content. Après, le fait que Christiane Taubira gagne une primaire faite pour elle est assez naturel."

"Le problème, c'est que le but de cette primaire était de réduire le nombre de candidats issus de la gauche, et il y en a une de plus."

David Cormand, eurodéputé EELV

à franceinfo

David Cormand juge aussi les appels à "l'union", lancé par Christiane Taubira, peu pertinents : "La gauche, quand elle a gagné les élections présidentielles, elle n'était pas spécialement rassemblée. [...] Il y a un postulat de départ qui est de dire que la gauche serait faible parce qu'elle est divisée. Or, ma conviction est que la gauche est divisée parce qu'elle est faible".

"Les gens ne veulent plus voter socialiste. Ils ont été dégoûtés avec le mandat de François Hollande et ils ne voteront pas Christiane Taubira", tacle l'écologiste.

Jean-Luc Mélenchon ne se sent "pas concerné"

Une indifférence partagée par Jean-Luc Mélenchon. Sur France 5, dimanche soir, le candidat de la France insoumise s'est dit "pas concerné" par le succès de Christiane Taubira, malgré les appels de cette dernière à "l'union" des candidats de gauche."Elle a enfilé la chaussure préparée pour elle", ajoute-t-il.

"Je ne suis pas concerné. J'ai été inscrit d'office dans une élection à laquelle je ne voulais pas participer."

Jean-Luc Mélenchon

sur France 5


Christiane Taubira a annoncé son intention de téléphoner aux différents candidats de gauche à la présidentielle. Démarche à laquelle Jean-Luc Mélenchon répond : "J'en ai un peu marre des appels téléphoniques où l'on me prend pour une bille, ça finit par m'indisposer".  Mais il ne ferme pas totalement la porte : "Bon, je répondrai à tout le monde, expliquons-nous, comparons".

Une "indication" pour Anne Hidalgo

Anne Hidalgo, arrivée cinquième de la Primaire populaire, derrière Pierre Larrouturou, ne se sent pas non plus engagée par ce résultat. "Ça aurait pu être un moment de rassemblement de toute la gauche, c'est une candidature de plus", a-t-elle jugé."C'est une indication mais certainement pas une décision qui emporte des modifications dans la campagne" de la candidate du PS à la présidentielle, ajoute Mathieu Klein, porte-parole de campagne de la candidate socialiste.

Le maire de Nancy rappelle qu'Anne Hidalgo avait été la première, au mois de décembre, candidate de gauche à se prononcer pour l'organisation d'une primaire et "à appeler chacun et chacune à gauche et chez les écologistes, ceux qui veulent gouverner ensemble, à se rassembler, à faire trancher les citoyens". La maire de Paris avait changé d'avis par la suite après le refus de Yannick Jadot de participer à l'intiniative citoyenne. Selon Mathieu Klein, cela aurait été "un vrai moment démocratique auquel les Français auraient pu participer largement".

Le fait qu'Anne Hidalgo soit arrivée cinquième sur sept candidats n'a pas de signification pour Hélène Geoffroy, maire socialiste de Vaulx-en-Velin et membre de l'équipe de campagne de la candidate du PS : "On ne connaît pas le corps électoral qui a voté. Qui sont celles et ceux qui se sont inscrits ? Sur quoi se sont-ils fondés pour donner cette note ?" Selon elle, la Primaire populaire "n'a pas permis l'explicitation des programmes des uns et des autres."

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