Municipales : NKM débordée par les dissidences à Paris

Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP à la mairie de Paris, doit faire face à une nouvelle annonce de dissidence, dans le 18e arrondissement. Une de plus.

Nathalie Kosciusko-Morizet, la candidate UMP à la mairie de Paris, à Paris, le 22 décembre 2013.
Nathalie Kosciusko-Morizet, la candidate UMP à la mairie de Paris, à Paris, le 22 décembre 2013. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

La campagne de Nathalie Kosciusko-Morizet pour les élections municipales à Paris ressemble de plus en plus à un parcours du combattant. L'ancienne maire de Longjumeau (Essonne), qui brigue la mairie de la capitale après avoir remporté la primaire interne à l'UMP, fait face à une série de dissidences à droite. Francetv info liste les principaux opposants dans son propre camp, auxquels elle doit faire face, début janvier.

18e arrondissement : Roxane Decorte

C'est la dernière défection en date. Après l'accord entre NKM, Jean-Louis Borloo (UDI) et Marielle de Sarnez (MoDem) pour des listes d'union, comme le rapportait Le Parisien, Roxane Decorte s'est retrouvée évincée de la deuxième place au profit de Fadila Méhal (MoDem). Surprise et en colère, cette ancienne proche de Philippe Séguin a donc répliqué en annonçant qu'elle comptait mener sa propre liste contre Pierre-Yves Bournazel, porte-parole de NKM et candidat désigné dans cet arrondissement.

Très remontée, la conseillère de Paris explique au Journal du Dimanche que son éviction est liée à son statut : "Nathalie Kosciusko-Morizet me considère comme une femme de ménage, parce que je ne fais pas partie de la France des châteaux, de la grande bourgeoisie." Mais selon France 3 Ile-de-France, c'est sa condamnation en 2012 pour détournement de fonds et abus de confiance qui posait surtout problème.

16e : David Alphand 

Ce conseiller de Paris revendique la tête de liste UMP contre le maire sortant du 16e, Claude Goasguen. Il se dit prêt à l'affronter, comme lors des municipales de 2008, raconte Le Monde. "Comme Goujon, Goasguen est élu à Paris depuis trente ans. La droite parisienne doit se régénérer. C'est un impératif si nous voulons gagner", a-t-il déclaré, rapporte Paris-Match. Et de s'interroger : "Hidalgo [candidate PS à Paris] est bien parvenue à se débarrasser de Daniel Vaillant et de Pascal Cherki. NKM serait-elle l'otage des barons de la droite parisienne ?"

15e : Géraldine Poirault-Gauvin

Cette conseillère de Paris sortante, copéiste, n'a pas été intégrée dans la liste du maire sortant, le filloniste Philippe Goujon. Sur France 3 Ile-de-France, cette élue de 37 ans, dont l'inimitié avec le maire sortant est de notoriété publique, dit vouloir "mettre fin au clientélisme" et "incarner les valeurs, la proximité et le renouvellement" face à au candidat de NKM, élu depuis 1983 au Conseil de Paris.

Elle s'est rappelée au bon souvenir de ses anciens alliés durant le réveillon de la Saint-Sylvestre en s'écharpant sur Twitter avec François-David Cravenne, conseiller de NKM. Un échange de "politesses" rapporté par le Lab

10e : Serge Federbusch

Le conseiller d’arrondissement, qui s’est fait entendre contre le projet de salle de shoot dans son arrondissement, a décidé d’affronter Déborah Pawlik, investie par NKM. Il avait déjà commencé sa campagne de tracts estampillés UMP mais a dû abandonner après la décision du parti, le 11 décembre, de suspendre 16 candidats dissidents. 

8e : Charles Beigbeder 

Ce proche du président de l'UMP ne décolère pas d'avoir été évincé de la deuxième place dans le 8e arrondissement, au profit du député Pierre Lellouche, proche de François Fillon. Il se lance donc dans la constitution d'une liste de droite "libre et indépendante", baptisée Paris libéré. Charles Beigbeder doit tenir une conférence de presse le 7 janvier pour annoncer les détails des listes.

NKM n'est pas tendre avec son ancien allié : "Le problème avec Charles Begbeider, c'est qu'il m'aime trop ou pas assez"a-t-elle estimé. "Il a fait devant moi, et pendant des semaines, une danse du ventre endiablée pour être sur mes listes. Quand cela s'est avéré impossible, il m'a agonie d'injures". 

14e : Marie-Claire Carrère-Gée

C'est "peut-être la plus emblématique pour NKM, puisqu'elle défie l'ancienne ministre de Sarkozy dans l'arrondissement où elle se présente", commentait le blog Scènes politiques, en décembre. Selon son auteur, Olivier Biffaud, l'ancienne conseillère sociale de Chirac, habitante et élue du 14e, n'a pas digéré l'autoparachutage de NKM, contre qui elle se présente en dissidente.

5e : Dominique Tiberi 

Le fils et adjoint du maire sortant, Jean Tiberi, n'a pas apprécié que NKM choisisse Florence Berthout comme tête de liste dans l'arrondissement "familial". Pas question pour lui d'accepter le rôle de numéro 2 qui lui est proposé. Il a annoncé mi-novembre qu'il briguait la succession de son père.

7e : Michel Dumont et Christian Le Roux

Rachida Dati, maire sortante du 7e arrondissement, a été confirmée comme tête de liste par NKM. Mais l'ancienne ministre de la Justice est contestée dans son arrondissement par deux figures locales de la période pré-Dati. "Autant dire, pour résumer, qu'ils sont plus chiraquiens que sarkozystes", expliquait, en octobre, notre blog Scènes politiques.

Michel Dumont, conseiller de Paris et conseiller du 7e, a été maire de cet arrondissement bien ancré à droite entre 2002 et 2008. Christian Le Roux, proche de l'ex-maire de l'arrondissement Martine Aurillac, n'a pas digéré le parachutage de Rachida Dati en 2008.

20e : Ariane Cerutti 

Dans cet arrondissement, le choix d'Atanase Périfan, arrivé du 17e, fait grincer les dents. Ariane Cerutti, déléguée UMP du 20e arrondissement, n'entend pas se laisser faire. Au point qu'elle a proposé ses services à un centriste qui entend présenter une liste dissidente, Raoul Delamare (UDI), a rapporté le site d'informations locales le75020.fr. Mais ce dernier a refusé son offre, pour l'instant, indique Le Nouvel Observateur.

17e : Benjamin Gros et Thomas Rebaud

Dans cet arrondissement, le premier est responsable des jeunes UMP, le second est en charge des jeunes actifs. Ils ont été écartés de la liste montée par la maire sortante, Brigitte Kuster, et par le député UMP Bernard Debré. Ils ont menacé de lancer une liste dissidente. Résultat : ils ont été suspendus de l'UMP.