Municipales : les six surprises du premier tour

Un premier maire FN à Hénin-Beaumont, une déroute socialiste à Marseille, une surprise pour les écologistes à Grenoble… Francetv info recense les résultats inattendus de ce premier tour de scrutin.

Le candidat du Front national, Steeve Briois, fête sa victoire à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), le 23 mars 2014.
Le candidat du Front national, Steeve Briois, fête sa victoire à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), le 23 mars 2014. (PASCAL ROSSIGNOL / REUTERS)

Les sondeurs ont beau tenter de tout prévoir, de scruter les moindres variations de l'opinion, de calculer au plus juste les intentions de vote, un scrutin se joue jusqu'au dernier moment. Jusqu'à ce que les électeurs glissent leur bulletin dans l'urne.

Comme à chaque élection, le premier tour des municipales a réservé son lot de surprises : des scores en deçà des espérances pour certains, des performances inattendues pour d'autres, et même des victoires inespérées. Francetv info récapitule les résultats les plus étonnants du vote de ce dimanche 23 mars.

Hénin-Beaumont : la victoire "inespérée" du FN

Depuis plusieurs années, cette ville du Pas-de-Calais est devenue un symbole pour le Front national, qui en a fait l'une de ses principales terres d'implantation. Après avoir échoué d'un cheveu en 2009, Steeve Briois, le candidat du parti, réussit l'exploit de s'imposer dès le premier tour, avec 50,26% des suffrages.

Une "grande, belle victoire", "inespérée", a commenté Marine Le Pen. Le Front national arrive ainsi à emporter une première mairie, sur la quinzaine qu'il vise pour ces municipales.

Marseille : la déroute de Mennucci et des socialistes

Le revers est cinglant pour le PS. Crédité de 28% des intentions de vote dans les derniers sondages, le socialiste Patrick Mennucci n'obtiendrait finalement que 20,6% des voix dans la cité phocéenne, selon une estimation Ipsos-Steria. Ce score le classe en troisième position, loin derrière le maire sortant UMP, Jean-Claude Gaudin, à 36,7%.

Stéphane Ravier, le candidat frontiste, a beau assurer qu'il ne s'agit pas pour lui d'une "surprise", son succès dans les urnes est inattendu. Avec 22,8% des voix, il se classerait finalement deuxième sur l'ensemble de la ville. "Une très grande victoire", reconnaît-il, alors que le FN ne comptait jusque-là qu'un seul conseiller municipal.

Grenoble : EELV détrône le PS

A Grenoble, l'effrondrement du PS profite aux écologistes. Eric Piolle, tête de liste EELV, arrive en tête du premier tour dans la préfecture de l'Isère, avec 29,41% des voix. Il devance ainsi le candidat socialiste Jérôme Safar. Crédité de 35% des intentions de vote dans le dernier sondage, il n'arrive finalement qu'en deuxième position, avec 25,31% des voix.

Angers : la droite en deçà de ses espérances

C'est l'un des espoirs de l'UMP : faire basculer Angers (Maine-et-Loire), socialiste depuis 1977, en profitant des divisions à gauche. Au soir du premier tour, le pari apparaît compliqué, car la droite réalise des scores en deçà de ses espérances.

Le candidat de l'UMP, Christophe Béchu, pouvait viser 41% selon le dernier sondage. Il vire bien en tête ce dimanche, mais avec seulement 35% des voix, quand le candidat socialiste, Frédéric Béatse, réalise un score conforme aux attentes : 26,77%. 

Niort : la droite, après 60 ans de gauche

La ville était gouvernée par la gauche depuis près de 60 ans et avait voté pour François Hollande à 64,56% lors de la présidentielle de 2012. Niort (Deux-Sèvres) a pourtant basculé à droite dès le premier tour du scrutin, en élisant Jérôme Baloge, soutenu par l'UMP, avec plus de 54,32% des voix.

Une performance d'autant plus importante qu'en 2008, lors du précédent scrutin municipal, la droite n'avait recueilli qu'environ 20% des votes. La maire sortante, la socialiste Geneviève Gaillard, voyait cette fois-ci sa position fragilisée par la désunion de la gauche.

Juvisy-sur-Orge : à 22 ans, il fait basculer la ville à droite

Il sera assurément l'un des plus jeunes maires de France. A seulement 22 ans, l'UMP Robin Reda crée la surprise dans l'Essonne. Il fait basculer Juvisy-sur-Orge à droite, dès le premier tour, avec 52,57% des voix. En 2008, la liste de droite n'avait obtenu que 38,25% des votes.