Municipales 2020 : après la débâcle des européennes, Les Républicains refont surface

Malgré des revers à Paris et Marseille, le parti de droite reste solidement ancré dans ses fiefs, y compris dans des villes arrachées à la gauche en 2014.

Le président des Républicains, Christian Jacob, avec le maire de Troyes, François Baroin, le 23 octobre 2019 à Paris.
Le président des Républicains, Christian Jacob, avec le maire de Troyes, François Baroin, le 23 octobre 2019 à Paris. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

La droite est-elle de retour ? Après trois années de disette électorale, Les Républicains misaient sur les élections municipales pour se refaire une santé, et se relancer dans la perspective de la présidentielle de 2022. Au soir du dimanche 15 mars, et après une campagne largement perturbée par l'épidémie de coronavirus, le pari semble en partie réussi, avec des victoires probantes dès le premier tour et des ballottages favorables de nombreuses villes-clés, mais également des contre-performances dans les grandes villes.

"On existe encore !"

Les Républicains se maintiennent en bonne position dans la plupart de leurs fiefs, avec des victoires dès le premier tour dans plusieurs villes arrachées à la gauche en 2014. A Reims, Arnaud Robinet est ainsi réélu avec plus de 66,32% des voix, de même que Joël Bruneau à Caen avec 50,79% des suffrages. A Limoges, ancien fief socialiste, le maire sortant LR Emile Roger Lombertie obtient 46,2%. Même situation à Saint-Etienne, où Gaël Perdriau est en ballottage très favorable avec 46,88% des voix au premier tour. Les Républicains sont même en mesure de faire basculer de nouvelles villes dans leur escarcelle, et notamment Metz, où François Grosdidier arrive en tête avec 29,76% des voix, ainsi que Biarritz, où 31,46% des votants ont choisi Maider Arosteguy.

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Surtout, Les Républicains peuvent se réjouir de la bérézina subie par La République en marche, notamment dans les villes où la majorité présidentielle s'est risquée à attaquer une municipalité sortante LR, comme à Reims, Nîmes ou Belfort. C'est également le cas à Troyes, où François Baroin, réélu haut la main avec 66,78% des voix, confirme son statut de présidentiable pour 2022. "Depuis des mois, on prédit notre disparition au profit de La République en marche. Mais on existe encore !" souligne-t-on chez Les Républicains.

Déception à Paris et à Marseille

Seule ombre – de taille – au tableau : la contre-performance de la droite dans les grandes villes. A Paris, Rachida Dati, qui était au coude-à-coude avec Anne Hidalgo dans les sondages, est reléguée à 8% derrière la maire sortante socialiste, avec 22% des voix. "Notre stratégie, ce n'est pas de gagner Paris, c'est de faire en sorte que la macronie ne s'empare d'aucun arrondissement", commentait quelques jours avant le premier tour un cadre du parti. Un objectif qui pourrait échouer, au vu des résultats des maires sortantes dans les 5e et 9e arrondissements, alliées à Agnès Buzyn.

Autre déception : Marseille, où Martine Vassal, héritière désignée de Jean-Claude Gaudin, n'arrive qu'en deuxième position derrière la candidate d'union de la gauche Michèle Rubirola, selon une estimation Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France et les chaînes parlementaires. A Toulouse, enfin, le maire LR sortant Jean-Luc Moudenc arrive certes en tête, mais avec un score décevant de 36,18%, le laissant à la merci d'une alliance des gauches au second tour.

Une performance à relativiser

Malgré tout, Les Républicains (comme les socialistes) ont bénéficié lors de ce premier tour d'une incontestable prime aux sortants. Le clivage droite-gauche est-il pour autant en train de réapparaître ? Rien n'est moins sûr : selon un sondage Ipsos/Sopra Steria réalisé juste avant le premier tour, 81% des sympathisants des Républicains envisageaient de se décider en fonction de la situation politique locale et non nationale. La performance des Républicains doit également être relativisée par le faible nombre (environ 400) de listes du Rassemblement national à travers la France. Une stratégie assumée par le parti d'extrême droite, qui a préféré se concentrer sur les échéances futures : départementales, régionales et bien sûr présidentielle.