Municipales 2020 : à Carmaux, la ville de Jean Jaurès, le PS perd la mairie pour la première fois depuis 1892

Le maire sortant Alain Espié est battu dans cette ville du Tarn. Il n’a obtenu que 34,09% des voix. Son adversaire Jean-Louis Bousquet (DVG) est élu maire de Carmaux avec 49,04 % des suffrages.

Une façade sculptée Jean-Pascal Simorre à Carmaux (Tarn), le 3 février 2017. 
Une façade sculptée Jean-Pascal Simorre à Carmaux (Tarn), le 3 février 2017.  (ERIC CABANIS / AFP)

Un symbole s'effondre. A Carmaux, au nord d’Albi (Tarn), le maire sortant Alain Espié, à la tête d'une liste d'union de la gauche, a échoué à préserver ce bastion socialiste puisqu'il n’a obtenu que 34,09% des voix. Il s'incline face Jean-Louis Bousquet et sa liste divers gauche et citoyenne "Un nouveau souffle pour Carmaux", qui totalise 49,04% des voix. Le candidat du rassemblement national Christian Legris obtient un score de 10,81%. 

Cette ville de moins de 10 000 habitants n’a donc plus de maire socialiste dimanche soir, après 128 ans de règne. Dans cette ancienne cité minière, dont Jean Jaurès était le député, la gauche avait remporté toutes les élections municipales depuis 1892. 

Jean Jaurès, une figure de la ville, présente partout 

"Plus de 105 ans après sa mort, Jean Jaurès reste une divinité à Carmaux", expliquait Le Figaro dans un reportage début mars. Son nom et son visage sont présents partout et pour les candidats "il faut s'inscrire dans sa lignée", note le quotidien. En avril 2014, deux ans après son arrivée à l'Elysée, François Hollande y avait fait le déplacement pour le centenaire de la mort du leader socialiste. 

"Les élus actuels en sont restés à la lutte des classes. Jaurès a fait beaucoup de choses pour l'emploi, contrairement à eux", tâclait ainsi Jean-Louis Bousquet, désormais maire de Carmaux depuis dimanche soir.