Minibus, listes erronées, bureau oublié... Les couacs de la primaire socialiste à Marseille

Six candidats se disputent l'investiture socialiste pour briguer la mairie de Marseille en 2014. Un scrutin sous haute tension dans une fédération marquée par l'absence de transparence. 

Dans un bureau de vote à Marseille (Bouches-du-Rhône) pour le premier tour de la primaire socialiste pour les municipales, le 13 octobre 2013. 
Dans un bureau de vote à Marseille (Bouches-du-Rhône) pour le premier tour de la primaire socialiste pour les municipales, le 13 octobre 2013.  (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Ambiance tendue à Marseille (Bouches-du-Rhône) où se déroulait, dimanche 13 octobre, le premier tour de la primaire socialiste pour les municipales de 2014. Six ténors locaux se disputent l'investiture socialiste pour prendre la place de Jean-Claude Gaudin, maire UMP de la cité phocéenne depuis 18 ans. Un scrutin placé sous haute surveillance dans une fédération mise sous tutelle et marquée par les affaires Guérini, du nom du président du Conseil général, mis en examen dans plusieurs dossiers. 

La journée a été marquée par une participation "particulièrement élevée" (15 000 votants à 17 heures, selon la Fédération PS des Bouches-du-Rhône), et quelques soucis d'organisation. Retour sur les quatre principaux couacs.

Des bureaux de vote qui ouvrent et ferment en retard

Les premiers couacs sont intervenus dès l'ouverture. Certains des 55 bureaux de vote répartis dans 15 lieux ont ouvert avec un peu de retard par rapport à l'horaire prévu, selon de la Haute autorité des primaires (HAP). En effet, certains assesseurs n'étaient pas arrivés dans les temps pour contrôler le bon déroulement du scrutin. De plus quelques soucis "d'acheminement et de dépouillement de kits" électoraux, ont eu lieu, dixit le président de la HAP, Jean-Pierre Mignard.

La réaction. Du coup, les bureaux de vote ont fermé à 20 heures, soit une heure plus tard que prévu, sur décision du comité d'organisation à la demande des candidats. 

Des électeurs transportés par minibus ou covoiturage

Certains représentants de candidats ont dénoncé l'organisation de covoiturages ou de transports collectifs, notamment par Samia Ghali, sénatrice et maire du 8e (les quartiers nord). Cette dernière ne voit pas le souci de faire venir des électeurs en minibus. "Il y a eu du covoiturage et je l'assume", s'est défendue l'intéressée sur i-Télé. La chaîne a diffusé un reportage sur les minibus en question :  

La réaction. "C'est moralement condamnable, mais pas juridiquement, sauf à prouver qu'il s'agit d'un achat de voix", souligne René Stefanini. La ministre Marie-Arlette Carlotti, également candidate à la primaire, n'est pas de cet avis. Elle a dénoncé dimanche soir le "clientélisme" à l'oeuvre, selon elle, au cours de ce scrutin. "Personne n'avait vu jusqu'à présent ce système fonctionner avec une telle puissance, un tel sentiment d'impunité, à la vue de tous, avec des dizaines de minibus qui sillonnent la ville, des échanges d'argent, toute une organisation que j'ai envie de qualifier de 'paramilitaire'", a-t-elle lancé. Elle a demandé à la HAP la publication des comptes de campagne des six candidats. 

Des listes d'électeurs erronées à la Calade

La Provence rapporte des soucis plus importants au bureau de la Calade, dans le 15e arrondissement de Marseille. Des inscrits dénoncent des "magouilles". Quelques dizaines d'entre eux "se sont vus interdire le vote parce que la date de naissance inscrite sur le registre du scrutin ne correspond pas à celle visible sur leur carte d'identité", explique le quotidien régional. La liste comportait 5 000 erreurs "en raison d'un dysfonctionnement lié à l'imprimeur parisien", a précisé René Stefanini, le secrétaire général de la HAP.

"Nous avons rapatrié la bonne liste et les électeurs ont pu revenir voter à partir de 16 heure", a fait savoir Alain Fontanel, secrétaire national aux fédérations du parti

La réaction. Un problème sur un bureau de vote "n'invalide pas un scrutin", même si "ça peut localement et légitimement provoquer des tensions", estime Jean-Pierre Mignard. L'équipe de Samia Ghali, qui s'estime pénalisée, a tout de même affirmé envisager un recours à ce sujet.

Un bureau de vote oublié dans le 13e 

Du côté de Christophe Masse, vice-président du conseil générale, on souligne que l'intégralité d'un bureau de vote républicain a été oublié dans le 13e arrondissement, empêchant au moins 700 électeurs de voter. "Il a carrément disparu des radars", s'étonne un soutien du candidat dans Le Parisien

La réaction. Le représentant de Christophe Masse, Pascal Chamassian, envisage lui aussi de contester le scrutin.