"Les gens en ont soupé de ces accords d'appareil" : à Perpignan, le front républicain pour les municipales semble appartenir au passé

Aux dernières élections de 2014, plusieurs partis s'étaient alliés pour faire barrage au Front national. Mais cette année, plusieurs candidats pourraient bien se maintenir au second tour.

Article rédigé par
Sarah Tuchscherer - franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 2 min.
Le Castillet, monument symbole de Perpignan (Pyrénées-Orientales). (SARAH TUCHSCHERER / RADIO FRANCE)

Au marché de producteurs au centre-ville de Perpignan, l'écologiste Agnès Langevine est en terrain conquis. "Vous vous présentez ? Je suis ravie de vous rencontrer, lance une dame. Cela manquait, quelqu'un qui représente les Verts, qui représente les partis de gauche, vous êtes la candidate idéale pour moi !"

Dans la capitale des Pyrénées-Orientales, le scrutin des élections municipales s'annonce très disputé. D'après les sondages, pas moins de cinq listes sont susceptibles de se maintenir au second tour. Il y a six ans, la gauche s'était désistée au profit du candidat de droite, Jean-Marc Pujol, pour faire barrage au Rassemblement national (RN) et à Louis Aliot.

>> Lire notre sondage pour le premier tour des élections municipales à Perpignan

L'équipe de campagne d’Agnès Langevine (EELV), en tractage sur un marché du centre-ville. (SARAH TUCHSCHERER / RADIO FRANCE)

Cette année, le scénario pourrait être bien différent. L'écologiste Agnès Langevine est bien déterminée à se maintenir au second tour : "En 2014, nous avons fait barrage, nous avons accordé nos voix à Jean-Marc Pujol. Moi le constat que je fais, c'est que finalement, il n'en a rien fait. Le bilan n'est pas bon sur le plan social. Et sur le plan démocratique, il n'a pas su organiser ce dialogue, ces voix ne lui appartenaient pas."

Effectivement, ça va être beaucoup plus difficile de demander à ces citoyens de faire l'effort une seconde fois, parce qu'en fait, ils se demandent à quoi ça a servi.

Agnès Langevine, candidate écologiste

à franceinfo

Dans sa mairie, l'intéressé, Jean-Marc Pujol, estime qu'il faudra un duel au second tour, "tous contre Louis Aliot", pour battre l'extrême-droite. "L'enjeu est très important pour une ville de plus de 100 000 habitants, avec la présence d'un candidat membre du Rassemblement national. J'appelle à la responsabilité républicaine au soir du premier tour."

La permanence de Jean-Marc Pujol, maire sortant Les Républicains. (SARAH TUCHSCHERER / RADIO FRANCE)

Pas forcément de désistement

Au niveau national, La République en marche (LREM) a demandé à ses candidats de se désister, s'ils ne sont pas en mesure de battre le RN. À Perpignan, son représentant, Romain Grau, ne suivra pas forcément la consigne. Il avisera, en fonction du score du Rassemblement national. "Très clairement, je ne souhaite pas et je vais tout faire pour éviter la victoire du Front national à Perpignan. Mais il faut d'abord parler aux Perpignanais de leurs problèmes, de leurs sujets d'inquiétude. Vous imaginez des accords entre La France insoumise et Les Républicains ? Est-ce que vous croyez un instant que les Perpignanais croiront qu'une alliance aussi improbable changerait la ville ? Non !"

Les gens en ont soupé de ces accords d'appareil.

Romain Grau, candidat LREM

à franceinfo

Aviser au soir du premier tour, ce sera aussi la ligne de conduite de Caroline Forgues, candidate de l'Alternative, liste citoyenne soutenue par La France insoumise. Au Rassemblement national, peu importe ce que feront les autres, on affiche un certain optimisme en faisant valoir que Louis Aliot a déjà percé le plafond de verre qui l'avait empêché de devenir maire en 2014. En 2017, il est devenu député dans un scrutin majoritaire à deux tours, identique à celui des municipales.

À Perpignan, plusieurs candidats pourraient se maintenir au second tour des municipales
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