Reportage Premiers pas à l’Assemblée pour 302 nouveaux députés : "Fierté" et "émotion" sont au rendez-vous

Ils sont 302 nouveaux députés fraîchement élus dimanche à faire leurs premiers pas au Palais-Bourbon qu’ils intégreront officiellement mardi prochain. Franceinfo a recueilli les premiers sentiments de quelques-uns des nouveaux venus.

Article rédigé par
Victoria Koussa, Valentin Dunate - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Les nouveaux députés de la Nupes posent pour la traditionnelle photo de famille devant l'Assemblée nationale, le 21 juin 2022. (JULIEN DE ROSA / AFP)

Parmi les 577 députés élus dimanche 19 juin à l'Assemblée nationale, un peu moins de la moitié, 275, occupaient déjà un siège dans la précédente législature. Ils sont donc 302 à découvrir mardi 21 juin l'Assemblée nationale, côté coulisses. Premiers pas.

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Laurent Croizier, MoDem : "Ce n’est pas la ligne d’arrivée, c’est la ligne de départ"

Costume impeccable, Laurent Croizier arrive de Besançon pour entamer sa première mandature, après un "tout petit peu plus de deux heures de TGV". "Nous allons profiter de ces moments pour travailler les dossiers évidemment", espère-t-il. Réveillé à "4 heures du matin", le patron du MoDem du Doubs, conseiller municipal, entame son nouvel itinéraire en métro jusqu'à la station Assemblée nationale où il arrive vers 10 heures. "C’est un peu tôt mais ce sera peut-être mon lot quotidien tous les mardis matins pour arriver à l’heure", confie-t-il. Avec lui, toujours une petite valise rouge. "Sur les cinq ans qui viennent, on va user quelques paires de roulettes", prévoie-t-il.

Quelques mètres séparent cet instituteur de métier du Palais-Bourbon.

"J’ai un peu le sentiment d’être dans la peau d’un élève qui va rentrer dans un nouvel établissement, en espérant que l’Assemblée nationale ne devienne pas une cour d’école sur les cinq prochaines années."

Laurent Croizier, ex-instituteur, député MoDem du Doubs

à franceinfo

À l'approche de l'entrée, il a le souffle court. "On va franchir ce portail que j’ai pu franchir une fois en tant que spectateur, cette fois je deviens acteur. Il y a un peu d’émotion, je ne le cache pas. La ligne est franchie. Ce n’est pas la ligne d’arrivée, c’est la ligne de départ. J’ai bien conscience que gagner l’élection, ce n’est pas la finalité. La finalité c’est de faire le travail de député pendant cinq ans et d’être utile." 

Derrière un huissier, Laurent Croizier suit le parcours jusqu’à la salle des Quatre Colonnes : "Là, je ressens complètement le poids de l’Histoire. J’ai bien conscience à la fois de l’Histoire avec un grand H et de toutes les histoires qui ont pu se dérouler dans ces lieux." Et avant ses cinq ans de mandature, l’Assemblée lui offre un cartable tout neuf, sorte de pochette surprise dont il sort l’écharpe bleu blanc rouge. Pour Laurent Croizier, "c’est le passage, le baptême d’une certaine façon." 

Louis Boyard, LFI-Nupes : "Rester soi-même"

Pour les députés de la France insoumise élus dimanche, c'est un peu comme une rentrée des classes. Ça commence par la traditionnelle photo devant l'Assemblée nationale.

La plupart n'ont jamais été élus et n'ont pas l'intention de se fondre dans un moule. Comme Louis Boyard, élu dans la troisième circonscription du Val de Marne. À 21 ans, c'est le deuxième député le plus jeune de l'histoire. "J'ai mis une chemise. Oui, quand même la fonction de député, ça demande d'être sérieux, au moins la chemise. Mais je ne vais pas venir avec un costard cravate à l'Assemblée nationale. Il faut rester soi-même, sinon on n'est pas un bon représentant du peuple."

Emmanuel Fernandez, LFI-Nupes : "Le travail à accomplir supplante toute autre émotion"

Pour officialiser cette représentation, chaque député a donc reçu, comme Laurent Croizier, sa mallette avec l'écharpe tricolore, la cocarde et le règlement de l'Assemblée nationale. "Vous dire qu'il n'y a pas une fierté personnelle et une émotion, ce serait mentir, avoue Emmanuel Fernandez, gestionnaire de projets en entreprises et député de la deuxième circonscription du Bas-Rhin. Mais encore une fois, c'est vraiment le travail à accomplir qui supplante toute autre émotion."

Sarah Legrain, LFI-Nupes : "Ce n'est pas des murs et des codes. C'est la Maison du peuple"

Et afin d'accomplir ce travail, ces députés seront épaulés par les nombreux fonctionnaires de l'Assemblée nationale et par ceux qui ont déjà exercé cinq ans de mandature. Mais pour eux, être novice n'est pas forcément un désavantage. Sarah Legrain a été élue dès le premier tour dans la 16ᵉ circonscription de Paris au début du mois. Elle était encore professeur de français il y a peu. "J'ai fait mon dernier conseil de classe le 1er juin. L'Assemblée nationale, ce n'est pas des murs et des codes. C'est la Maison du peuple et c'est le lieu où s'exerce le pouvoir législatif en France. Je suis très heureuse et très fière qu'il y ait comme moi, des profs, mais aussi des employés, des ouvriers, une femme de chambre comme Rachel Keke, qui puissent représenter le peuple dans cette Maison du peuple. Je pense que c'est à ça qu'il faut que vous vous prépariez."

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