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Législatives : le PS réalise le pire score de son histoire et pourrait n'obtenir qu'entre 20 et 30 sièges à l'issue du second tour, selon notre estimation Ipsos/Sopra Steria

Après cinq années au pouvoir, le PS subit de plein fouet la déferlante En marche ! et enregistre une très lourde défaite au soir du premier tour du scrutin.

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Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, le 9 mai 2017 à la Mutualité, à Paris. (JULIEN MATTIA / ZUMA-REA)

Une débâcle historique. Le Parti socialiste, crédité, avec ses alliés, de 10% des voix au premier tour des élections législatives, dimanche 11 juin, selon une estimation Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions et Radio France*, enregistre sa pire déconvenue sous la Ve République. Après cinq années au pouvoir, le PS subit de plein fouet la déferlante En marche ! et n'améliore que de 4 points le très mauvais score de Benoît Hamon à la présidentielle. En termes de sièges, dimanche prochain, le Parti socialiste pourrait voir son groupe divisé par dix.

>> Résultats, réactions... Suivez en direct la soirée du premier tour

Quel était l'objectif ?

Après la défaite de Benoît Hamon à la présidentielle (6,36%), l'enjeu pour le Parti socialiste était de limiter la casse, dans un contexte très défavorable. Au sein du PS, les plus optimistes espéraient alors pouvoir conserver 80 sièges dans la future assemblée. Interrogé par Buzzfeed, jeudi, le patron du parti, Jean-Christophe Cambadélis, déclarait : "Je pense que le PS aura un groupe, je l’espère le plus important possible. Si vous me demandez un pronostic, je nous vois plus près des 50 parlementaires que des cinq."

Quel est le score obtenu ?

Les candidats PS, PRG et divers gauche n'ont recueilli que 10% des voix à l'issue de ce premier tour. Il s'agit, et de loin, du plus faible score depuis la création du Parti socialiste, en 1969. 

Où sont enregistrés les meilleurs scores ?

Découvrez la carte des résultats, circonscription par circonscription, actualisée au cours de la soirée.*

Quels sont les scores des principaux ténors ?

Beaucoup d'entre eux ne verront pas le second tour. A commencer par le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, éliminé dans le 19e arrondissement de Paris. Même sort pour l'ancien candidat à la présidentielle Benoît Hamon, lui aussi éjecté dans la 11e circonscription des Yvelines. Eliminés également, plusieurs anciens membres du gouvernement : Aurélie Filippetti, Mathias Fekl, François Lamy, Juliette Méadel ou encore Christian Eckert. 

En clair, la liste de ceux qui ont réussi à décrocher leur ticket pour le second tour est mince. Y figure notamment l'ancien Premier ministre Manuel Valls, arrivé en tête dans la 1re circonscription de l'Essonne. Tout comme l'ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine dans la 3e circonscription d'Indre-et-Loire, et l'ancien ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll arrive dans la 4e circonscription de la Sarthe. Selon des résultats provisoires, l'ex-ministre du Travail Myriam El Khomri arriverait deuxième dans la 18e circonscription de Paris. Deuxième aussi, l'ancienne ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem dans la 6e circonscription du Rhône, mais elle est très loin derrière le candidat de La République en marche. 

Comment a réagi le parti ?

"Le premier tour des législatives est marqué par le recul sans précédent de la gauche dans son ensemble et notamment du PS, a réagi le patron des socialistes, Jean-Christophe Cambadélis, depuis la rue de Solférino où se trouve le siège du parti à Paris. Ce soir, tout indique que la majorité absolue est d'ores et déjà acquise pour La République en marche. Le second tour de dimanche prochain sera soit celui de l’amplification, soit celui du pluralisme."

"Si cette majorité absolue est encore amplifiée, elle sera quasiment sans opposition réelle et nous aurons donc une Assemblée nationale sans véritable pouvoir de contrôle et sans débat démocratique digne de ce nom, a-t-il poursuivi. Il n’est ni sain ni souhaitable qu’un Président ayant rassemblé seulement 24% des suffrages au premier tour de la présidentielle et qui a été élu au second par le seul rejet de l’extrême droite, bénéficie du monopole de la représentation à l’Assemblée nationale." Pour le patron du PS, "cette profonde contradiction démocratique pèserait sur tous les actes du quinquennat".

Jean-Christophe Cambadélis a expliqué vouloir "faire le choix de la clarté" pour le second tour. "Fidèles à notre engagement républicain viscéral, nous ferons barrage au FN là où il peut l’emporter, a-t-il déclaré. C’est le désistement pour la République. (...) Nous appellerons nos électeurs à voter soit pour notre programme, soit pour ceux qui sont le plus proche de ces exigences, a encore précisé le patron du PS. Je vous appelle à vous mobiliser au second tour pour donner à la gauche et au Parti socialiste les moyens de vous défendre."

Quelles sont les perspectives pour le second tour ?

Selon notre estimation Ipsos/Sopra Steria, le Parti socialiste pourrait ne conserver qu'entre 20 et 30 sièges à l'issue du second tour. Si ces projections devaient se confirmer dimanche prochain, la déroute serait encore plus sévère que celle – déjà record – de 1993, lorsque le PS ne s'était retrouvé qu'avec 57 députés à l'Assemblée nationale.

*Estimation Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France, "Le Point", France 24 et LCP-AN.

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