Législatives : Ferrand, Le Maire, Castaner... Découvrez les résultats des ministres candidats

Six ministres sont candidats aux législatives et tous le savent : s'ils perdent, ils devront quitter le gouvernement. Comment s'en sortent ces têtes d'affiche ?

Marielle de Sarnez, Bruno Le Maire, Richard Ferrand, Annick Girardin, Mounir Mahjoubi et Christophe Castaner sont les six membres du gouvernement candidats aux législatives.
Marielle de Sarnez, Bruno Le Maire, Richard Ferrand, Annick Girardin, Mounir Mahjoubi et Christophe Castaner sont les six membres du gouvernement candidats aux législatives. (AFP)

La règle a été fixée par Nicolas Sarkozy et depuis, elle n'a pas été remise en cause : un ministre battu aux législatives doit quitter le gouvernement. Dimanche 11 juin, six ont mis leur portefeuille en jeu dans ce premier tour des élections. Parmi eux, quatre concourent sous les couleurs de La République en marche, une avec l'étiquette du MoDem et une autre avec celle du Parti radical de gauche (PRG). Leurs résultats feront aussi figure de test pour Emmanuel Macron. Quels scores obtiennent-ils ? Tour d'horizon. 

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Richard Ferrand en tête dans le Finistère

Richard Ferrand en déplacement à Deauville (Calvados), le 29 mai 2017.
Richard Ferrand en déplacement à Deauville (Calvados), le 29 mai 2017. (STEPHANE GEUFROI / MAXPPP)

C'est sans doute l'un des cas les plus scrutés à l'Elysée. Candidat à sa succession dans la 6e circonscription du Finistère, le ministre de la Cohésion des territoires remporte 33,93% des voix et se qualifie pour le second tour. Il sera opposé à Gaëlle Nicolas, candidate des Républicains, qui récolte 18,10% des suffrages. Elle a peu de réserves de voix pour le second tour, qui s'annonce donc favorable pour ce proche du président.

Alors qu'il y a quelques semaines, Richard Ferrand faisait figure de grand favori, plusieurs affaires, notamment immobilière, sont venues percuter sa campagne. Avant l'ouverture d'une enquête judiciaire, le Premier ministre, Edouard Philippe, disait que l'élection ferait figure de "juge de paix" pour Richard Ferrand. Au vu du résultat du premier tour, ce dernier semble bien parti pour convaincre les électeurs. "Les Finistériennes et les Finistériens ont jugé, ils me connaissent", a réagi le ministre après ces résultats.

>> Les résultats complets de la 6e circonscription du Finistère

Mounir Mahjoubi en bonne position à Paris

Mounir Mahjoubi, en campagne dans la 16e circonscription de Paris.
Mounir Mahjoubi, en campagne dans la 16e circonscription de Paris. (CHAMUSSY/SIPA)

C'est sa première campagne et elle semble très bien engagée. Candidat dans la 16e circonscription de Paris, le secrétaire d'Etat au Numérique arrive en tête. Avec 38,08% des voix, il qualifie pour le second tour. Il y affrontera Sarah Legrain, de La France insoumise, qui totalise 20.84% des suffrages. A la présidentielle, c'est Jean-Luc Mélenchon qui était arrivé en tête de cette circonscription.

Le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a lui-même annoncé sa défaite et son élimination dès le premier tour : il n'arrive qu'en quatrième position avec 8,6% des voix.

>> Les résultats complets de la 16e circonscription de Paris

Marielle de Sarnez, facilement qualifiée à Paris

Marielle de Sarnez, à l\'Elysée, le 6 juin 2017.
Marielle de Sarnez, à l'Elysée, le 6 juin 2017. (DENIS ALLARD-POOL/SIPA)

La ministre chargée des Affaires européennes et candidate du MoDem arrive "largement en tête" dans la 11e circonscription de Paris, qui regroupe une partie des 6e et 14e arrondissements. Elle y obtient 40,58% des voix et se qualifie pour le second tour. Elle y affrontera Francis Szpiner, investi par Les Républicains, qui récolte 16,74% des voix.

Avec 15,10%, le député socialiste sortant, Pascal Cherki, ancien maire du 14e arrondissement et par ailleurs une figure des frondeurs, est éliminé dès le premier tour. 

Le second tour se présente bien pour l'eurodéputée mise en cause dans l'affaire des assistants parlementaires du MoDem. Son parachutage avait pourtant été mal accueillie par les militants locaux de La République en marche. A tel point qu'une candidature dissidente avait été présentée, celle d'Armelle Malvoisin, ex-conseillère du MoDem.

>> Les résultats complets de la 11e circonscription de Paris

Annick Girardin, au coude-à-coude dans son fief de Saint-Pierre-et-Miquelon

Annick Girardin, la ministre des Outre-mer, sur le perron de l\'Elysée, le 24 mai 2017. 
Annick Girardin, la ministre des Outre-mer, sur le perron de l'Elysée, le 24 mai 2017.  (JACQUES WITT/SIPA)

Elue depuis 2007 de la circonscription de Saint-Pierre-et-Miquelon, la candidate investie par le PRG (dont elle est vice-présidente) et le PS, et soutenue par La République en marche, obtient 41,59% des voix et se qualifie pour le second tour. La ministre des Outre-mer y affrontera Stéphane Lenormand, candidat sous l'étiquette Archipel Demain. Le vice-président du conseil territorial totalise également 41,59% des voix. Les deux qualifiés sont à égalité parfaite, ayant chacun obtenu 1 209 votes.

Un score qui ne préjuge pas du résultat final, mais qui semble décevant aux yeux des précédentes performances de la ministre : en 2012 puis en 2014, lors d'une législative partielle, elle avait été élue dès le premier tour. Mais à la présidentielle de 2017, l'archipel a voté massivement pour Jean-Luc Mélenchon, qui a obtenu 35,45% des voix au premier tour. Loin devant Marine Le Pen (18,2%) et Emmanuel Macron (17,97%) qui n'arrivait alors qu'en troisième place. Lors de ces législatives, le candidat de la France insoumise, Robert Langlois, n'a obtenu que 5% des voix.

Annick Girardin paye peut-être son statut de ministre : après avoir été secrétaire d'Etat au Développement du gouvernement Valls, puis ministre de la Fonction publique, elle s'était engagée à se consacrer uniquement à sa circonscription. Emmanuel Macron l'a finalement convaincue de devenir ministre des Outre-mer. "Une chance unique pour Saint-Pierre-et-Miquelon", a-t-elle expliqué pendant sa campagne. 

>> Les résultats complets à Saint-Pierre-et-Miquelon

Bruno Le Maire très bien placé pour reconquérir son siège dans l'Eure

Bruno Le Maire, en campagne à Pacy-sur-Eure (Eure), le 28 mai 2017.
Bruno Le Maire, en campagne à Pacy-sur-Eure (Eure), le 28 mai 2017. (NICOLAS MESSYASZ/SIPA)

Jusqu'à présent élu confortablement dans la 1re circonscription de l'Eure, Bruno Le Maire obtient 44,46% des voix, son "meilleur score de premier tour". Son cas est suivi de près par l'Elysée : c'est le seul ministre issu des Républicains à être candidat aux législatives. Un bon test pour mesurer l'adhésion des électeurs de droite à la recomposition souhaitée par le président de la République.

La candidate du FN, Fabienne Delacour, se qualifie elle aussi avec 22,09% des voix. Dans cette circonscription, Marine Le Pen était arrivée nettement en tête du premier tour de la présidentielle avec plus de 29% des voix. Après la nomination de Bruno Le Maire au gouvernement, Les Républicains ont investi une candidate, Coumba Dioukhané, qui ne recueille que 6,16% des voix. Bruno Le Maire est donc en ballotage très favorable, lui qui disait dans Le Monde avant ce premier tour : "C'est le combat le plus difficile de ma vie politique. Je sais que je peux tout perdre." 

"Nous ne devons pas crier victoire, mais nous retrousser les manches" pour obtenir des résultats sur le front du chômage, "notre priorité absolue", a réagi Bruno Le Maire au soir du premier tour. Le ministre de l'Economie revient de loin. Après son lourd échec à la primaire de la droite en novembre dernier, puis son départ de l'équipe de campagne de François Fillon, il était très isolé. En le nommant à Bercy, Emmanuel Macron semble lui avoir redonné de l'élan.

>> Les résultats complets de la 1e circonscription de l'Eure

Christophe Castaner, en très bonne voie dans les Alpes-de-Haute-Provence

Christophe Castaner aux côtés du Premier ministre Edouard Philippe, à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence), le 2 juin 2017.
Christophe Castaner aux côtés du Premier ministre Edouard Philippe, à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence), le 2 juin 2017. (J.LOPEZ/SIPA)

Dans la 2e circonscription des Alpes-de-Haute-Provence, Christophe Castaner obtient 44,04% des voix et se qualifie pour le second tour. Un très bon score à comparer aux résultats de la présidentielle : Emmanuel Macron n'était arrivé qu'en troisième position, derrière Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, dans cette circonscription. Du coup, le président lui-même lui avait proposé une autre circonscription plus sûre. Le porte-parole du gouvernement a refusé, comptant sur la vague macroniste et sur son implantation locale pour résister.

Le résultat du premier tour lui donne raison. Au second tour, il affrontera Léo Walter, candidat de La France insoumise, qui a obtenu 16,55% des suffrages. Avant le scrutin, Christophe Castaner estimait dans Le Monde (article payant) que le "seul danger" pour lui au second tour était une "triangulaire". Il doit donc se sentir confiant ce dimanche soir.

>> Les résultats complets dans la 2e circonscription des Alpes-de-Haute-Provence