Gérald Dahan candidat de la France insoumise aux législatives : "Beaucoup de politiciens sont plus caricaturaux que leur caricature"

Connu pour ses imitations de personnalités politiques, Gérald Dahan se présente dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine, une terre promise à la droite. Au lendemain de son investiture, il raconte à franceinfo les raisons de son engagement.

L\'humoriste Gérald Dahan prend la parole lors d\'une réunion publique organisée par le PS, EELV et le Front de gauche pendant l\'entre-deux-tours des élections régionales, le 9 décembre 2015.
L'humoriste Gérald Dahan prend la parole lors d'une réunion publique organisée par le PS, EELV et le Front de gauche pendant l'entre-deux-tours des élections régionales, le 9 décembre 2015. (MAXPPP)

Son nom a fait tiquer lors de l'annonce des investitures de la France insoumise. C'est l'ancienne députée Martine Billard qui a dévoilé l'investiture de l'humoriste Gérald Dahan au sein du mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Contacté par franceinfo jeudi 11 mai, l'imitateur a précisé qu'il ferait campagne dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine, qui vote habituellement à droite. Il explique son parcours auprès de la France insoumise et ce qui l'a poussé à s'engager.

Franceinfo : Pourquoi vous être engagé au côté de Jean-Luc Mélenchon ? Avez-vous été démarché ou est-ce de votre propre initiative ?

Gérald Dahan : Ce n'est pas nouveau, mon contact avec lui date de 2015. Au début, j'ai voulu le contacter directement mais il croyait à un canular. C'est un homme politique différent et j'étais en phase avec ses analyses. Le concept de la France insoumise, qui est un mouvement et pas un parti, me plaisait beaucoup. Ensuite, j'ai suivi la construction du programme, élaboré à l'aide de plus de 3 000 contributions. J'aime particulièrement cette idée d'Assemblée constituante qui vise à redonner le maximum de pouvoirs au peuple. Pour moi, c'est le meilleur moyen d'éviter une révolution violente.

Quant à ma candidature, je l'ai déposée quand j'ai vu la montée du Front national. Avec l'extrême droite au deuxième tour, je m'en serais voulu de ne pas en faire plus.

Comment avez-vous été reçu par les équipes de la France insoumise après votre investiture dans cette circonscription des Hauts-de-Seine ?

Je n'ai pas encore rencontré beaucoup de monde, mais l'équipe avec laquelle je travaille sait que j'ai suivi les meetings et que je suis là depuis un moment. Je connais bien la 10e circonscription des Hauts-de-Seine pour y avoir vécu. Il y a beaucoup de choses à faire pour les plus modestes, par exemple sur le logement. C'est difficile de louer un studio à 900 euros quand on gagne un smic !

J'ai un atout pour porter le projet : quand vous êtes une personnalité publique, votre parole est attendue. Quand on a des choses à dire, la notoriété peut être un avantage. Et j'ai l'expérience des discussions avec mon public, je passe beaucoup de temps avec les gens en marge de mes représentations.

Vous avez des dates prévues en juin. Allez-vous continuer vos spectacles si vous êtes élu ?

Je tiens à signaler que ces dates ont été ajoutées dans le cadre d'une prolongation de mon dernier spectacle, avant la décision de déposer ma candidature. Il s'agit d'ailleurs d'un spectacle évolutif, qui traite de la triste actualité de la campagne présidentielle. Vous faites une blague le matin, et le soir elle est déjà périmée... Aujourd'hui, beaucoup de politiciens sont devenus plus caricaturaux que leur caricature. Mais si je suis élu, je me consacrerai bien sûr à mon mandat.