VIDEOS. Européennes : les neuf séquences qu'il ne fallait pas rater pendant les deux débats

Les principaux chefs de parti ou candidats aux européennes ont débattu mercredi soir sur France 2.

François Bayrou, Manon Aubry, Raphaël Glucksmann, Yannick Jadot, Laurent Wauquiez et Marine Le Pen, le 22 mai 2019 sur le plateau de France 2.
François Bayrou, Manon Aubry, Raphaël Glucksmann, Yannick Jadot, Laurent Wauquiez et Marine Le Pen, le 22 mai 2019 sur le plateau de France 2. (FRANCE 2)

Quinze personnalités politiques se sont affrontées, mercredi 22 mai sur le plateau de "L'Emission politique", sur France 2, à quatre jours des élections européennes, dimanche. Un premier débat a mis aux prises François Bayrou (MoDem-LREM), Manon Aubry (LFI), Raphaël Glucksmann (PS-Place publique), Yannick Jadot (EELV), Laurent Wauquiez (LR) et Marine Le Pen (RN).

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Dans un deuxième temps, un second débat a opposé Ian Brossat (PCF), Florian Philippot (Les Patriotes), Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), François Asselineau (UPR), Guillaume Balas (Génération.s), Jean-Christophe Lagarde (UDI), Dominique Bourg (Génération écologie-Mouvement écologiste indépendant) et Francis Lalanne (Alliance jaune).

Manon Aubry s'étonne de l'absence des candidats LREM, LR et RN

Tête de liste de La France insoumise, Manon Aubry a profité de l'une de ses premières interventions pour critiquer le choix de certains de ses adversaires, chefs de partis politiques, d'être venus en lieu et place des candidats aux élections européennes.

"Madame Loiseau, Monsieur Bardella, Monsieur Bellamy... Vous n'aviez sans doute pas confiance en eux pour qu'ils ne soient pas représentés sur ce plateau ?", a-t-elle lancé en direction de François Bayrou (MoDem), Marine Le Pen (Rassemblement national) et Laurent Wauquiez (Les Républicains). "Vous n'êtes pas cheffe de parti, d'abord. C'est vous qui avez remplacé votre chef de parti !", lui a répondu Marine Le Pen, avant que le journaliste Thomas Sotto ne précise que France 2 avait en réalité "convié les têtes de liste ou les chefs de parti en fonction des souhaits des partis". "Ça prouve l'importance que nous accordons à cette élection européenne", a conclu Manon Aubry.

Laurent Wauquiez et les "rodomontades" d'Emmanuel Macron

S'adressant à François Bayrou, Laurent Wauquiez s'en est vivement pris au bilan du président de la République en matière de politique internationale. "En deux ans, vous avez accompagné cette dislocation de l'Europe. Vous nous avez mis à dos la totalité de nos partenaires européens.(...)  Vous avez abîmé la relation franco-allemande qui est portant fondamentale pour la construction européenne. Vous avez totalement isolé la France (...) à cause des rodomontades et des leçons administrés par Emmanuel Macron", a-t-il fustigé.

La pique de Wauquiez sur le débat d'entre-deux-tours de Le Pen 

Laurent Wauquiez et Marine Le Pen débattaient de la TVA à 0% sur les produits de première nécessité quand le président des Républicains a attaqué sa concurrente en lui rappelant son débat raté face à Emmanuel Macron en mai 2017. "Rassurez-moi, vous n'êtes pas à nouveau dans ce tempérament du deuxième tour de l'élection présidentielle ?", lui a-t-il lancé, la qualifiant d'"agressive".

"Vous savez quoi Monsieur Wauquiez ? J'espère qu'un jour vous aurez la possibilité de faire un débat au second tour de la présidentielle. C'est pas sûr !", a aussitôt rétorqué la présidente du Rassemblement national. "Je serais très heureux à cette occasion de voir si vous avez un peu augmenté le standing", a conclu Laurent Wauquiez pendant que les autres candidats se délectaient de cet échange à couteaux tirés. "Ils sont bien ensemble ! Franchement ils sont très très bien ensemble !", s'est par exemple amusé Yannick Jadot.

Jadot fustige le "patriotisme de pacotille" de Le Pen

Yannick Jadot a saisi l'occasion d'une phrase de Marine Le Pen sur les normes agroalimentaires pour l'attaquer sur le thème du patriotisme. "La nourriture que la France produit est la meilleure du monde. Et c'est parce que nous respections les normes", a affirmé la présidente du RN. "Les normes européennes ? Ou les normes russes ?" a ironisé la tête de liste EELV face à une Marine Le Pen dépitée.

"Quand vous parlez en permanence du patriotisme et que vous pactisez avec l'oligarchie corrompue de Poutine et quand vous voulez vendre l'Europe y compris à Trump, le vocable patriote, vous ne pouvez pas l'utiliser. Ça s'appelle du patriotisme de pacotille !", s'est exclamé Yannick Jadot.

Glucksmann et l'égalité salariale : "Trop cher pour Macron"

Raphaël Glucksmann a dénoncé le refus par Emmanuel Macron du congé parental paritaire, "une mesure proposée par Bruxelles". "Il a été rejeté par la France car ça coûtait trop cher", a-t-il regretté. "Faire des cadeaux aux plus riches, supprimer l'ISF, installer la flat tax, c'est pas trop cher. Mais l'égalité salariale entre hommes et femmes, subitement ça devient trop cher !", a-t-il lancé en rappelant les mesures fiscales controversées prises par le gouvernement en début de quinquennat.

Le projectile de LBD apporté par Francis Lalanne

Chaque candidat était invité à apporter sur le plateau un objet ou une photo de son choix. Francis Lalanne, tête de liste de l'Alliance jaune, a exhibé un projectile de lanceur de balle de défense (LBD), dont l'utilisation par les forces de l'ordre lors des manifestations de "gilets jaunes" a fait polémique.

"Le 16 mars, il est passé à quelques centimètres de mon visage. J'ai eu bcp de chance ce jour-là, d'autres n'ont pas eu cette chance. Nous avons des mutilés, des éborgnés, des main arrachées", s'est indigné le chanteur, vêtu de son gilet jaune. "L'Europe est formellement opposée au fait qu'on utilise ce genre de projectiles contre les populations civiles. Alors comment se fait-il que la France continue de projeter ce genre de projectiles ?", s'est-il interrogé.

François Asselineau et les eurodéputés communistes "qui ne servent à rien"

François Asselineau, tête de liste de l'Union populaire républicaine et partisan d'une sortie de la France de l'Union européenne, n'a pas vraiment apprécié la question de Thomas Sotto, qui lui demandait pourquoi il se présentait à la députation européenne, "alors [qu'il est] pour le Frexit".

"Mais à quoi servent les autres ?", lui a rétorqué François Asselineau. "A quoi sert le Parti communiste ? Ça fait 35 ans qu'il a des députés européens, ça n'a servi à rien !", a-t-il attaqué, malgré les protestations de Ian Brossat. "Ça n'a servi à rien d'avoir depuis 40 ans des députés des autres partis qui reviennent tous les cinq ans en disant 'maintenant c'est bon, je vais changer d'Europe, y a qu'à faut qu'on !'"

La déception de Jean-Christophe Lagarde, relégué dans "une réserve d'Indiens"

Au cours de ce second débat, le patron de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, a regretté la façon dont cette soirée a été organisée, avec deux joutes distinctes entre les différents prétendants aux élections européennes. "Vous avez choisi le débat des cowboys et nous, on est dans la réserve d'Indiens, c'est ainsi qu'en a décidé la cavalerie", a-t-il protesté. "C'est dommage que Madame Loiseau ne soit pas là pour répondre", a poursuivi Jean-Christophe Lagarde, avant de se reprendre, tout en s'en prenant à son meilleur ennemi centriste : "C'est vrai qu'elle n'était pas là tout à l'heure, le nouveau monde ayant été représenté par François Bayrou !"

La démocratie selon le "gilet jaune" Francis Lalanne

Interdiction du diesel, abrogation de la directive travailleurs détachés... Durant le débat, Francis Lalanne a souvent refusé de se prononcer alors qu'on lui demandait son avis sur telle ou telle mesure. La tête de la liste de l'Alliance jaune a expliqué son attitude par une conception très directe de la démocratie, qui consisterait à se faire le porte-voix du peuple plutôt qu'à défendre des convictions.

"Si nous sommes élus députés de l'Alliance jaune, à l'assemblée européenne [le Parlement européen] on nous pose des questions. Au lieu de répondre à la place des gens qui ont voté pour nous, on leur demande ce qu'ils en pensent", a-t-il expliqué. "Admettons qu'on ait dix députés. S'il y a un vote à 60% pour et 40% contre, six de nos députés voteront pour, et quatre voteront contre", a-t-il poursuivi en expliquant que les élus de sa liste ne seraient "pas là pour penser le monde à la place des gens, mais pour porter leurs volontés à l'assemblée européenne".