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Six souvenirs de l’Europe quand elle était encore cool

A l’heure où l’abstention menace de décoller aux européennes, retour sur six preuves que l'Union a un jour porté l’étiquette "cool".

Article rédigé par
Par Alix Hardy - franceinfo
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Alain Cousin, alors maire de Carlat (Cantal), pose devant le panneau d'entrée de son village, jumelé avec Bruni (Italie), en clin d'œil à la Première dame de l'époque, le 21 novembre 2011. (THIERRY ZOCCOLAN / AFP)

On aurait presque tendance à l’oublier, mais il fut un temps où l’Europe n’était pas uniquement synonyme de crise et d’euroscepticisme. Avant que la montée des extrêmes politiques s'impose et que l’abstention aux européennes se généralise, les références à l'union concernaient aussi des domaines plus joyeux.

La preuve en six piqûres de rappel, à moins de deux semaines des élections européennes, dimanche 25 mai.

Erasmus

Probablement l’invention européenne la plus connue parmi ceux qui ont fait des études supérieures. Le programme Erasmus (European Action Scheme for the Mobility of University Students, de son vrai nom) permet chaque année à des milliers de jeunes européens de partir étudier entre trois mois et un an dans un pays de l'Union en vertu d’échanges entre universités et grandes écoles. Lors de son lancement en 1987, ce sont 3 244 jeunes qui sont partis étudier dans un autre pays. En 2011 (derniers chiffres connus), le programme était plus actif que jamais, avec plus de 250 000 départs. Fort de ce succès, le dispositif est même devenu plus ambitieux : fin 2013, l'Union européenne (UE) a adopté l’ouverture d’Erasmus +, une version améliorée et dotée d’un budget élargi.

S’il était une œuvre qui devait résumer l’esprit d'Erasmus, ce serait bien sûr L’Auberge espagnole. Le film de Cédric Klapisch met en scène Romain Duris, un jeune Français qui s’envole goûter à la vie étudiante barcelonaise, dans le cadre du programme européen. Le film, qui a cartonné lors de sa sortie en 2002, retrace avec justesse le quotidien d’un "Erasmus", et parle à tous ceux qui l’ont vécu.

Le passage à l'euro

Faux billet de 200 euros (© DR)

Changer de monnaie pour passer à l’euro n’a pas été qu’une partie de plaisir. Douze ans après, d'ailleurs, certains partis font de la sortie de la zone leur cheval de bataille pour ces élections européennes. N’empêche que lors du changement, des pratiques pour le moins étonnantes sont apparues, comme l'usage de la calculatrice en extérieur pour convertir le prix de son Télé 7 Jours ou du litre de lait à la supérette. Et qui n'a pas, un jour, retrouvé un archaïque ticket de caisse listant les prix à la fois en francs et en euros ?

Signalons également l’ouverture d’un tout nouveau terrain de jeu pour les fans de numismatique, prêts à tout pour récupérer des euros du Vatican ou d’Andorre (qui devraient arriver sous peu, indique que La Dépêche).

L’InterRail

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Dans la série "mobilité", je demande l’InterRail : un ticket forfaitaire unique permettant à tout résident européen de voyager sur les lignes ferroviaires d’Europe durant la période de son choix. Inventés en 1972 pour fêter les 50 ans de l'Union internationale des chemins de fer, les tickets InterRail sont édités par la société du même nom, qui associe pas moins de 36 compagnies ferroviaires. Un mode de transport qui a donné le jour à nombre de tours d’Europe, sac au dos.

Les villes jumelées

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L'agrandissement de l’Union européenne a fourni des occasions sans cesse renouvelées aux communes de se jumeler avec leurs égales dans d’autres pays européens. Si le procédé n’est pas réservé qu’aux pays de l’UE, le site Twinning.org recensait pas moins de 6 776 jumelages en 2010 en France avec des villages ou villes d’Europe. Pas si étonnant que cela lorsqu’on sait que, dans le cadre de la promotion de l’Union, le comité en charge des jumelages disposait d’une enveloppe de 215 millions d’euros entre 2007 et 2013 pour financer des projets au sein des villes jumelées.

Certains édiles, comme sur la photo ci-dessus, ont vu là une occasion de faire un brin d'humour, et un peu de publicité à leur commune. On peut noter que, dans le cas de Carlat, le village italien de Bruni a trouvé le jeu de mots aussi drôle que son homologue français, avec qui il s'est jumelé.

Le Monopoly

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L’UE a également fait la joie des joueurs de Monopoly : ils ont ainsi pu satisfaire leur folie des grandeurs en achetant les avenues les plus chères de toute l’Europe plutôt que de s’en tenir à un pays. Sur la centaine de déclinaisons dont il dispose, le jeu existe effectivement en version Europe des 25. Il propose, en lieu et place des services publics (eau et gaz) traditionnels, d’acheter Commission et Parlement. Les billets sont, bien sûr, des euros. Une version, désormais collector, avait également vu le jour en 1991 avec les douze premiers pays de l’Europe. Visionnaire, le jeu proposait déjà de payer avec une monnaie unique, baptisée ECU (European Currency Unit).

L’Eurovision

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On ne sait pas si l’Eurovision a un jour été cool. Il est cependant impossible de faire l’impasse sur ce symbole de l’Europe. Aussi kitsch qu’il soit, le concours de chansons n’en réunit pas moins notamment les pays membres de l'UE chaque année depuis 1956, tous solidaires devant la médiocrité musicale.

De plus, rapporte Libération, des chercheurs l’ont démontré (en anglais) : quand on réunit 28 pays, on fait forcément de la géopolitique. A l’Eurovision, les pays "alliés" se refilent allègrement des voix pour grimper dans le classement final. Cette année, l'émission n’a pas échappé au conflit russo-ukrainien : les voix en provenance de Crimée, que réclamaient à la fois l’Ukraine et la Russie, ont été comptabilisées pour l’Ukraine, car les votants ont utilisé le réseau téléphonique de cette dernière.

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