Education : filières professionnelles

a revoir

Présenté parLaurent Delahousse

Diffusé le 11/04/2014Durée : 00h40

L'immersion de ce vendredi avec une tendance qui se confirme. Les CAP, les BAC Pro, l'apprentissage ont longtemps été dénigrés, considérés comme une voie de garage. Ce n'est plus le cas. Reportage à Rennes.

C'est parti, on n'a pas trop le temps.

Les apprentis ont 2 heures pour couper, encoller, tapisser. Regarde bien les consignes.

Oui.

Emilie est l'une des seules filles de l'atelier. Peut-être aussi la plus passionnée.

Quand j'étais petite, je n'aurais jamais pensé être peintre en bâtiment. On se dit que les filles c'est plutôt des secrétaires ou des coiffeuses. On pense pas qu'on ferait un métier d'homme.

La colle est bien appliquée.

Tu as fait quoi pour que ça soit uniforme.

Je l'ai croisé.

Impeccable.

Avec son bac littéraire, Emilie a galéré pendant 2 ans entre chômage et petit boulot. Elle qui envisageait de faire les beaux-arts a finalement passé un CAP.

Il y a un problème. J'ai passé un bac. Ça m'a apporté de la culture mais pas du travail. Je me suis donc dirigée vers un CAP pour être sûre de trouver un travail.

Un parcours atypique. Ici à Reims, comme partout, le profil des apprentis a changé.

Juste avant d'arriver ici, j'ai fait un DU de droit.

Déçu de l'université, jeune diplômé en mal de débouchés, salariés reconvertis.

A la base, je ne suis pas manuel. Il fallait se lancer.

Longtemps dénigrés, les métiers manuels séduisent à nouveau, et plus seulement des élèves en échec scolaire.

Quentin commence avec 4 heures d'électricté et de l'enthousiasme.

On sait ce qu'on a à faire.

Ses résultats lui auraient permis d'aller en seconde générale et de poursuivre des études.

Il a préféré apprendre un métier.

Je me suis dit que je voulais faire ce qui me plaisait. Ce n'est pas faire de longues études et d'être dans un boulot qu'on n'aime pas. Il faut que ça me plaise.

Qu'est-ce qui te plait.

C'est ça. Faire de mes mains.

Au niveau travail, il est un gamin. D'avoir des gens qui ont un certain parcours, ça permet de tirer le groupe vers le haut. Ça crée une dynamique.

Depuis quelques mois, tous les CSA font le même constat. Même des surdiplômés veulent mener la vie de chantier. Marion a fait 4 ans d'étude après le bac et obtenu un master de biologie cellulaire.

Quand on est bon élève, on nous pousse à continuer le cursus général Donc on ne se pose pas les questions. J'aimais bien l'école, j'ai toujours aimé apprendre. J'ai foncé et on ne m'a pas proposé d'autres choses.

Marion ne pense pas à avoir perdu son temps. Elle gagne sans doute moins que ces anciens camarades de faculté.

Il y a plein de gens qui ne font pas forcément un métier par choix. La pression de la société fait qu'on dénigre certains métiers.

Retour au centre de formation.

Prenez un baudrier par personne.

Les apprentis en bâtiment se préparent à leur futur métier.

C'est pas super esthétique. On est dans le bâtiment.

Plus d'atelier mais un mur d'escalade.

Vous pouvez être amené à travailler en hauteur, surtout en peinture. Ça va vous permettre d'avoir un regard sur la sécurité.

Quentin, le futur électricien, est confiant. Mais Emilie, l'apprenti peintre, doit vaincre sa peur du vide.

Je n'ai plus de prise. Je peux redescendre, non ? (rires.

On a fait des cages d'escalier. Je n'étais pas rassurée sur les plateaux. Je pense que c'est une question d'habitude aussi.

Emilie et Quentin ont le projet de créer leur propre entreprise. Ils sont d'ores et déjà presque assurés de trouver du travail. Près de 70% des apprentis en bâtiment sont embauchés dans les 6 mois qui suivent leur formation.

Le JT
Les autres sujets du JT