Voyager en train partout en Allemagne pour 49 euros, c'est désormais possible... mais un peu moins dans le Sud-Est bavarois

En Allemagne, le "Deutschland Ticket" à 49 euros par an doit aider les voyageurs face à l’inflation et inciter à laisser la voiture au garage. Une initiative largement saluée qui devrait rencontrer son public, sauf dans les régions comme le sud-est de la Bavière, faute d'infrastructures suffisamment développées.
Article rédigé par franceinfo, Sébastien Baer
Radio France
Publié Mis à jour
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La gare de Dingolfing, en Bavière. (SEBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)

Une fois par heure, le train s'arrête à Dingolfing, en Basse-Bavière, une ville allemande de presque 20 000 habitants. Mais à l'exception des voyageurs qui travaillent à Munich, à 100 kilomètres de là, il n'y a jamais grand monde à monter ou descendre.

Le gouvernement a bien lancé un "Deutschland Ticket", largement salué et disponible dès le 1er mai et qui permet d’emprunter de façon illimitée les bus, tramway, métro et train, à l’exception des ICE, les TGV allemands. Comme un moyen de favoriser le pouvoir d’achat, plombé par l’inflation, et d’inciter les Allemands à laisser leur voiture au garage. Las : au sud-est de la Bavière, près des frontières tchèque et autrichienne, ils seront sans doute bien peu nombreux à souscrire à un abonnement. Car le réseau de train et de bus est trop peu développé.

La région est la moins bien desservie par le train

Cela fait bien longtemps que Tom, un informaticien de 30 ans, n'a pas pris le train. "Dès que l'on veut s'éloigner de plus de trois kilomètres, on est obligé de prendre la voiture, explique-t-il. Sinon, ce n'est pas possible."

Tom Meier, habitant de Dingolfing. (SEBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)

"Chez nous ou dans le district, il n'y a que deux gares, poursuit-il. Il y a bien des bus, mais ils circulent une fois par jour dans les villages les plus reculés."

"Par exemple, ma copine habite à 30 kilomètres et si je voulais y aller en transports en commun, cela me prendrait huit heures. En voiture, c'est 30 minutes."

Tom, 30 ans

à franceinfo

La région détient un record peu enviable, elle est la moins bien desservie d'Allemagne par les trains et les bus. 100 000 personnes vivent dans le district et pour deux habitants sur trois, impossible de rejoindre les transports en commun sans voiture. "Idéalement, il faudrait que les bus et les trains ne soient pas à plus de dix minutes à pied", regrette Marco Kraguli, représentant de l'association d'usagers ProBahn.

Marco Kragulji, représentant de l'association d'usagers Probahn. (SEBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)

"Pour les gens, dont certaines zones, il faut une heure et même parfois plus, soupire-t-il. On sait que celui qui commence son trajet en voiture le terminera très souvent en voiture. Pour atteindre nos objectifs climatiques. Nous devons miser davantage sur les transports publics."

En Basse-Bavière, seul un habitant sur cinq se déplace en transports en commun. C'est deux fois moins que dans le reste de l'Allemagne. La faute à un réseau que les autorités régionales ont négligé, explique Toni Schuberl, député écologiste de Bavière.

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"On n'a misé que sur la voiture : le bus et le train n'existait pour ainsi dire que pour ceux qui n'ont pas le permis, déplore le député. On a supprimé des lignes secondaires et laissé le réseau à l'abandon. Il aurait fallu inverser l'ordre des priorités bien plus tôt. Le gouvernement bavarois gaspille beaucoup d'argent dans des projets absurdes, notamment la construction de routes. Cet argent serait bien plus utile pour les chemins de fer."

La Bavière s'est engagée à améliorer les dessertes et connexions. Un projet de bus avec des arrêts à la demande devrait bientôt voir le jour. Mais rattraper le retard prendra des années.

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