Aulnay-sous-Bois: la femme interpellée sans ménagement par des agents de la sûreté ferroviaire est bien enceinte de sept mois, confirme le parquet de Bobigny

Selon la SNCF, la jeune femme s’est "signalée enceinte durant l’interpellation". Elle n’a pas été placée en garde à vue, mais amenée à l’hôpital, où un test de grossesse confirme qu’elle est bien enceinte de 7 mois.

Capture d\'écran d\'une vidéo diffusée sur youtube de l\'interpellation d\'une femme en gare d\'Aulnay-sous-Bois, le 16 juin 2020.
Capture d'écran d'une vidéo diffusée sur youtube de l'interpellation d'une femme en gare d'Aulnay-sous-Bois, le 16 juin 2020. (CAPTURE D'ÉCRAN)

Plusieurs plaintes ont été déposées après l’interpellation musclée mardi soir d’une femme de 23 ans par des fonctionnaires de la Sûreté ferroviaire en gare RER d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), a appris franceinfo mercredi 17 juin auprès du parquet de Bobigny.

Trois plaintes émanent des fonctionnaires de la Sûreté ferroviaire qui ont procédé à cette interpellation et qui reprochent à cette femme, notamment, de les avoir mordus, griffés et poussés après avoir refusé d’obtempérer. Cette dernière a également porté plainte pour violences. Son compagnon, qui a tenté de s’interposer entre les policiers et elle, est toujours en garde à vue ce mercredi soir pour "outrages et violences".

Plusieurs vidéos de cette interpellation ont été abondamment relayées sur les réseaux sociaux depuis mardi soir, des internautes dénonçant le sort réservé à cette femme qui déclare être enceinte, pendant l’interpellation, mais que l’on voit pourtant être poussée sans ménagement, puis plaquée et maintenue au sol dans le hall de la gare par les agents de la Sûreté, qui lui passent les menottes.

Des vidéos amateurs qui suscitent des "interprétations trompeuses", selon la SNCF. Dans un communiqué, la compagnie ferroviaire dénonce des images "montrant uniquement la fin de l'intervention des agents de la surveillance générale, un moment forcément impressionnant". "Aucune contextualisation, ni explication n'est apportée", regrette la SNCF.

La femme avait été verbalisée "à trois reprises" juste avant, selon les agents

Selon le récit fait par les agents de la Sûreté de la SNCF, cette femme avait été quelques minutes auparavant verbalisée "à trois reprises" sur le quai 2 de la gare RER, "parce qu’elle n’avait pas de masque, qu’elle avait craché, et qu’elle voulait prendre le train sans billet", indique la SNCF. "Les agents l’ont ensuite invitée à quitter la gare. Devant son refus, et un comportement agressif, cette injonction de quitter la gare est devenue contraignante", précise la compagnie.

C’est alors que cette femme a, toujours selon le récit des agents, poussé, mordu et griffé les policiers. Deux policiers ont été mordus à la cheville, et l’autre à un bras, et se sont fait prescrire 3 jours d’ITT, a indiqué à franceinfo le parquet de Bobigny.

Des investigations en cours

Selon la SNCF, la jeune femme s’est "signalée enceinte durant l’interpellation". Les agents ont alors "demandé au SAMU de la prendre en charge, par mesure de précaution". Selon le parquet de Bobigny, la jeune femme n’a pas été placée en garde à vue, mais amenée à l’hôpital, où un test de grossesse confirme qu’elle est bien enceinte de 7 mois. Elle a été entendue en audition libre. La SNCF a également ouvert une enquête interne pour établir avec précision les circonstances de cette interpellation.