SNCF : les compensations commerciales annoncées par Guillaume Pepy ne sont qu'un "rideau de fumée", estiment les usagers de la FNAUT

Pour répondre à la colère des voyageurs, la direction de la SNCF a annoncé jeudi des rabais sur des billets de TGV et sur certaines cartes de réduction. Mais l'opération ne convaint pas la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT).

Illustration de la grève SNCF à la Gare du Nord, à Paris.
Illustration de la grève SNCF à la Gare du Nord, à Paris. (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

Le patron de la SNCF Guillaume Pepy a annoncé jeudi 10 mai "une opération de reconquête" de ses clients dans le contexte de la grève des cheminots, avec des billets de TGV à petit prix tout l’été et des prix cassés sur les cartes de réduction. "Entre le 15 mai et le 31 août, nous proposerons 3 millions de billets de TGV à moins de 40 euros sur toutes les destinations et tous les jours", a notamment indiqué Guillaume Pepy. "C'est quelque chose d'assez habituel" a réagi jeudi sur franceinfo Christian Broucaret, membre du bureau national de la FNAUT, qui note que "M. Pepy est un grand communicant".     

Ces gestes commerciaux annoncés par la SNCF sont-ils à la hauteur de ce que vous attendiez ?

Christian Broucaret : On note le geste commercial chevaleresque de la SNCF, mais nous, à la FNAUT, on a la mémoire longue. En janvier 2018 il y a eu un million de billets TGV et Intercités qui ont été promis à 45 euros, en mai 2017, les cartes de réduction étaient à 50% sur trois semaines. Globalement c'est quelque chose d'assez habituel. Précise Christian Broucaret. Il y a 100 millions de voyages TGV par an. Donc 3 millions de billets ça fait 3% qui sont en promotion. On connaît la SNCF qui a l'habitude d'avoir de grands équilibres et en rajoutant quelques centimes d'euros sur les autres billets. Ils vont retomber sur leurs pieds. M. Pepy est un grand communicant. Il est en train de faire un rideau de fumée. Nous notre objectif c'était d'avoir 60% minimum de réduction en fonction des régions sur les TER et lui, il se cantonne sur le chiffre de 50% et ça c'est très dommageable.

Pour vous il n'y a rien de nouveau dans ce qu'a annoncé le président de la SNCF ?

Ce sont des mesures commerciales classiques. En octobre 2016 il y a eu 50% de réduction pour toutes les cartes. Aujourd'hui, ce qui intéresse les usagers, c'est de savoir quand va se terminer la grève. Certes il y a la consultation des cheminots sur la réforme ferroviaire, nous on respecte car ils défendent leur convention collective. Par ailleurs Guillaume Pepy a annoncé que la compensation du mois d'avril se fera pour l'abonnement du mois de juin, mais il y a des clients qui sont étudiants et qui ne prennent pas d'abonnement au mois de juin. Comment vont-ils se faire rembourser ?

La FNAUT reste donc mécontente de la manière dont la SNCF gère ce conflit envers les usagers ?

A la campagne, on dit souvent que c'est à la fin du marché qu'on compte les bouses. Il y a encore beaucoup de grain à moudre entre les usagers, les régions et la SNCF. Nous on défendra les usagers. Les gens souffrent car deux jours c'est trois jours galère. Les principales victimes ce sont les 300 000 abonnés TER en région qui n'ont pas de train depuis des semaines qui galèrent toutes les semaines pour aller au travail, au lycée ou à la fac. Ceux-là ne sont absolument pas entendus par la SNCF.