Réforme de la SNCF : une eurodéputée écologiste estime qu'"il faut arrêter de se servir de l'Europe pour masquer une vraie politique française"

Karima Delli, eurodéputée Europe-Écologie-Les Verts, a estimé, mardi sur franceinfo, que "le gros problème à la SNCF, c'est la question de la dette" alors que la compagnie ferroviaire subit son premier jour de grève.

L\'eurodéputée Europe-Écologie-Les Verts, Karima Delli, le 9 avril 2016, à Paris.
L'eurodéputée Europe-Écologie-Les Verts, Karima Delli, le 9 avril 2016, à Paris. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

L'Europe est un argument régulièrement invoqué pour expliquer l'ouverture à la concurrence de la SNCF et ainsi justifier la réforme, laquelle a provoqué une grève perlée étendue sur trois mois chez les cheminots. Pour Karima Delli, la démonstration n'est pas valable. L'eurodéputée Europe-Écologie-Les Verts a estimé, mardi 3 avril sur franceinfo, qu'"il faut arrêter de se servir de l'Europe pour essayer de masquer une vraie politique française".

"Oui, l'Europe a ouvert le marché ferroviaire à la concurrence à partir de 2019 (…), mais je le redis, l'Europe ne viendra jamais dire à une compagnie ferroviaire européenne qu'elle doit s'attaquer au statut du cheminot ou qu'elle doit devenir une société privée", a souligné la présidente de la commission Transports du Parlement européen, au premier jour de la grève à la SNCF.

Ce n'est pas en s'attaquant aux cheminots que tout va aller bien à la SNCFKarima Dellià franceinfo

"Maintenant, cette libéralisation du rail français va comporter des risques", a jugé Karima Delli. L'eurodéputée a donc pris la décision de "voté contre" : "Il nous faut des garanties, estime-t-elle. La libéralisation peut amener des dégradations du service public".

Pour Karima Delli, "le gros problème à la SNCF, c'est la question de la dette". Cette situation s'explique "parce qu'il y a eu des choix politiques depuis 30 ans en France qui ont été irresponsables. Cela fait 30 ans qu'on favorise la route plutôt que le ferroviaire et cela fait 30 ans qu'on a décidé d'investir sur le TGV", a-t-elle poursuivi.

L'eurodéputée écologiste appelle à "investir sur le rail", car "c'est bon pour le climat, pour la cohésion des territoires et pour l'emploi". L'une des mesures que l'élue préconise est la mise en place d'"une redevance poids lourds" dont les recettes seraient réinvesties dans le ferroviaire.