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Grève à la SNCF : on vous explique la "vot'action" organisée par les syndicats de cheminots

L'intersyndicale débute aujourd'hui une consultation sur la réforme ferroviaire auprès des quelque 150 000 salariés de la SNCF. Un vote qui n'a "aucune légitimité", selon le patron de la SNCF, Guillaume Pepy.

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A la gare du Nord, à Paris, le 9 mai 2018. (ALEXIS SCIARD  / MAXPPP)

Les syndicats de la SNCF mobilisés contre la réforme ferroviaire lancent une "vot'action", lundi 14 mai, 18e journée de grève depuis début avril. Unis depuis le début de la contestation, les syndicats CGT, Unsa, SUD et CFDT ont décidé de consulter les 147 000 salariés de la SNCF, pour redonner de l'élan à une contestation qui semblait s'essouffler et prouver à la direction et au gouvernement que les cheminots restent majoritairement opposés à la réforme.

Quelle est la question posée ?

Concrètement, du 14 mai à 10 heures au 21 mai à 10 heures, les 147 000 cheminots sont invités à répondre à la question suivante : "Êtes-vous pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement ?" 

La formulation a déjà été critiquée par les soutiens du gouvernement, jeudi. "Je remarque qu'on pose la question sur la réforme, on ne leur dit pas : 'Est-ce que vous êtes pour la poursuite de la grève ?'", a notamment commenté le député LREM Gilles Le Gendre.

Comment le vote se déroule-t-il ?

Pour favoriser la participation, les syndicats prévoient d'installer des urnes dans les assemblées générales, mais aussi des urnes itinérantes lors de "tournées syndicales, dans les ateliers, les postes d'aiguillage, les bureaux", précise Bruno Poncet (SUD-Rail) à l'AFP. Et, pour empêcher la fraude, seront établies des "listes d'émargement" où devront être inscrits les nom, prénom et numéro de matricule des votants. Les listes seront détruites après le comptage des voix, afin que la direction ne puisse pas savoir qui a participé.

Qu'espèrent les syndicats ?

Cette consultation "n'est pas seulement un vote", mais "une modalité d'action" nouvelle pour "entrer en contact avec les cheminots", explique Sébastien Mariani, de la CFDT-Cheminots. Contrairement au référendum organisé par la direction d'Air France, ce vote n'aura pas de conséquence concrète. "Notre idée n'est pas d'avoir la tête de Pepy, c'est de permettre à tous les cheminots de pouvoir s'exprimer" autrement que par la grève, ajoute Bruno Poncet, secrétaire fédéral de SUD-Rail.

L'intersyndicale espère surtout montrer que "la mobilisation des cheminots est importante", tandis que "le président de la SNCF prétend que 80% des cheminots soutiennent la réforme qu'il veut imposer avec le gouvernement", selon un  tract diffusé le 9 mai"La direction de la SNCF devra tirer les enseignements du référendum, notamment arrêter de dire que les cheminots soutiennent sa réforme", affirme le responsable des cheminots CGT, Laurent Brun.

Qu'en dit la direction de la SNCF ?

Le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, a prévenu avant le début du scrutin que cette "vot'action" n'avait "aucune" légitimité. Sur la réforme ferroviaire, "personne ne peut confisquer le débat et le vote au Parlement", a-t-il insisté.

"Cette réforme ne concerne pas simplement la SNCF, en interne, mais tous les Français", renchérit la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. "Les décisions se prennent au Parlement avec le gouvernement", a-t-elle déclaré sur RTL. "Le dialogue social n'est pas le lieu où tout se décide" et "l'Assemblée nationale s'est déjà prononcée en faveur de cette réforme", a-t-elle poursuivi.

Le projet de réforme ferroviaire, déjà adopté en première lecture par l'Assemblée nationale, est désormais à l'ordre du jour du Sénat, le 23 mai en commission et le 29 dans l'Hémicycle. Entre ces deux dates, Édouard Philippe s'est engagé à recevoir à nouveau l'ensemble des acteurs, comme le 7 mai à Matignon.

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