Grève à la SNCF : elle ne se poursuivra le 8 et le 9 avril "que si les négociations ne s'ouvrent pas", avance la CGT-Cheminots

Le secrétaire général adjoint de la CGT-Cheminots, Thierry Nier, a estimé, mercredi sur franceinfo, que le gouvernement doit "prendre ses responsabilités et ouvrir des négociations" dans le dossier de la réforme de la SNCF.

Un drapeau de la CGT-Cheminots dans le cortège parisien de la manifestation nationale du 22 mars 2018.
Un drapeau de la CGT-Cheminots dans le cortège parisien de la manifestation nationale du 22 mars 2018. (MAXPPP)

La grève des cheminots ne se poursuivra "que si les négociations ne s'ouvrent pas avec le gouvernement", a prévenu Thierry Nier, mercredi 4 avril sur franceinfo. Le secrétaire général adjoint de la CGT-Cheminots a estimé que le gouvernement continue de faire "de l'enfumage" sur ce dossier alors que la SNCF connaît son deuxième jour d'arrêt dans cette grève en pointillés.

franceinfo : Quel est l'état d'esprit en ce deuxième jour de grève. Êtes-vous satisfaits de la mobilisation ?

Thierry Nier : Oui, tout le monde a pu observer que la journée [de mardi] en matière de mobilisation est une réussite. Elle exige donc, de notre point de vue, l'ouverture de négociations rapidement. Une grosse partie de l'encadrement de la SNCF s'est mobilisée. C'est une chose importante, car cela veut dire que l'ensemble des cheminots est conscient que le projet de réforme ferroviaire ne correspondra pas à une amélioration de la qualité de service et de la qualité de travail à venir des cheminots. Donc, on pense qu'on a là un terrain propice et que le gouvernement doit rapidement prendre ses responsabilités et ouvrir des négociations.

Vous pensez pouvoir tenir longtemps à un tel niveau de mobilisation ?

Nous avons aujourd'hui des modalités de grève de deux jours tous les cinq jours. Ce qui permet dès jeudi matin d'avoir une grande majorité des cheminots grévistes à disposition pour reprendre le travail. Et ils vont le faire dès ce mercredi, dans le courant de la journée et la fin de soirée, pour être tout à fait disponibles dès jeudi matin au travail. Ils se présenteront pour leur prise de service. Donc, la direction a les moyens de refaire circuler des trains correctement. Et puis nous sommes sur une nouvelle séquence [de grève prévue] le 8 et le 9 mais, c'est une séquence qui n'existera que si les négociations ne s'ouvrent pas.

Les discussions avec le gouvernement se poursuivent-elles ?

Nous avons reçu un nouvel agenda de la ministre, mardi, qui reprend un certain nombre de contenus de réunions qui existaient auparavant. L'agenda en termes de contenu est quasiment similaire. Une nouveauté que l'on note de façon très positive c'est que le sujet de la dette et du financement pourraient être effleuré, parce que nous sommes toujours en attente de négociations réelles. La ministre dans son courrier se dit prête à des négociations, mais dans le cadre des concertations. Nous attendons de voir. Ce nouvel agenda, nous actons le fait qu'il existe, mais nous souhaitons aussi avoir du concret.

La ministre s'est exprimée sur ces salariés de la SNCF qui passeraient dans le giron d'une autre entreprise lors de l'ouverture à la concurrence. Elle promet qu'ils bénéficieront d'une réelle portabilité des droits sans limite de durée. Est-ce de nature à vous rassurer ?

Nous sommes toujours très prudents sur les annonces et aujourd'hui rien n'est concrétisé. Mais, comment peut-on imaginer, demain, si l'ouverture à la concurrence s'établit telle que le gouvernement le souhaite, qu'une entreprise privée accepte de telles conditions. Le gouvernement peut l'annoncer aujourd'hui, mais demain [au moment de l'ouverture à la concurrence], comment ces entreprises vont-elles accepter ce type de conditions ? Elles auront les salariés entre les mains, elle négociera en interne de nouveaux accords et ce sera : "C'est mes conditions ou dehors." Donc, nous considérons qu'aujourd'hui ces annonces-là ne sont pas encore consolidées. C'est de l'ordre de l'enfumage et c'est gênant.