Routiers : le conflit s'enlise

Les principales fédérations patronales de transport routier ont annoncé ce mercredi soir qu'elles n'assisteraient pas à la reprise des négociations jeudi matin. Le conflit est dans l'impasse. Pour la FNTR notamment, "il y a un moment où il faut savoir tirer les conclusions de l'échec des négociations". Les syndicats, mais aussi le secrétaire d'État aux Transports, regrettent cette décision.

(Les transporteurs routiers ont entamé leur mouvement pour une revalorisation salariale dans la nuit de dimanche à lundi dernier © MAXPPP)

On ne s'achemine pas vraiment vers une porte de sortie. C'est même tout l'inverse qui se profile, avec le communiqué diffusé ce mercredi après-midi par les principales fédérations patronales de transporteurs routiers. Dans ce texte - signé par la FNTR, TLF et l'Unostra -, elles affirment en chœur qu'"aucun élément nouveau ne permet aujourd'hui de reprendre la négociation dans les meilleures conditions et d'espérer la signature d'un accord ". Du coup, "nous avons décidé de ne pas assister à la réunion convoquée pour demain jeudi 22 janvier 8h30 ". Sur France Info, Nicolas Paulissen, le délégué général de la FNTR, explique que "toutes (leurs) propositions ont été refusées " et que les fédérations patronales "ne peuvent pas aller plus loin ".

Nicolas Paulissen : "Nous sommes allés au bout du bout"
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La séance de négociations de mardi s'était déjà conclue sur un constat d'échec, avec plusieurs syndicats et représentants patronaux quittant la table. Les transporteurs routiers, qui réclament une revalorisation salariale de 5 %, avaient appelé mardi soir à une levée des barrages, en place depuis dimanche soir dans plusieurs régions de France. Tout en regrettant que les patrons restent, selon eux, sourds à leurs revendications. Eux proposent des augmentations de 1 à 2 %, arguant de la situation économique difficile dont souffrent les entreprises du secteur depuis de nombreux mois. "Les menaces ne pourront rien y faire ", conclut Nicolas Paulissen. Dans la soirée, l'OTRE, quatrième fédération patronale, a elle aussi indiqué qu'elle ne se rendrait pas aux négociations.

Du côté des syndicats, dont la CFDT majoritaire, on exhorte les patrons à revenir dans la négociation. En menaçant d'un mouvement de blocage d'ampleur. Jeudi matin un blocage a démarré dans le Nord sur l'A1. Pour le représentant de la CGT, Jérôme Vérité, "les patrons vont faire un bras d'honneur à la puissance publique ".

Jérôme Vérité : "Nous appelons à amplifier la mobilisation"
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Dans un communiqué, le secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies a "déploré " ce refus de reprendre les négociations. Il souligne notamment que "dans cette branche, les salaires conventionnels n'ont pas été augmentés depuis deux ans et certains taux horaires sont inférieurs au Smic ".