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Retards, attente interminable... Que se passe-t-il dans les aéroports parisiens ?

Depuis près d'un mois, passagers et compagnies aériennes subissent un engorgement des contrôles de sécurité dans les aéroports parisiens. La situation continue de se détériorer. 

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France Télévisions
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Le 2 août 2014, à l'aéroport d'Orly (Val-de-Marne).  (VICTORIA VIENNET / MAXPPP)

Des avions qui restent cloués au sol à attendre leurs passagers, lesquels piétinent dans les files d'attente des contrôles de sécurité : depuis plusieurs semaines, ce sont des scènes quotidiennes dans les aéroports parisiens, et la situation continue de se dégrader. "C'est un bazar innommable. Du jamais-vu !", décrit, excédé, le PDG de Corsair dans une interview au Parisien, mercredi 12 juillet. Franceinfo vous explique le pourquoi du comment de cette pagaille. 

Des files d'attente à n'en plus finir pour les contrôles

Selon la 1ère, c'est Marc Rochet, PDG d'Air Caraïbes, qui a tiré la sonnette d'alarme quant aux délais d'attente à la police aux frontières du terminal Orly-Sud et ce, dès la fin du mois de juin. "Depuis le 15 juin, tous les jours ont connu un temps d'attente supérieur à 60 minutes pour les passagers, dont neuf jours avec un temps d'attente aux contrôles supérieur à 90 minutes", a-t-il ainsi précisé dans un communiqué. 

Et la situation ne s'est pas améliorée. Le PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, s'est aussi alarmé, dimanche dernier, du temps d'attente aux contrôles de police "très, très longs, parfois plus d'une heure et demie à Roissy et au-delà de deux heures à Orly". Sur Twitter, cet internaute affirme avoir attendu près de trois heures pour passer la sécurité.  

Si les contrôles de sécurité sont tant engorgés, c'est à cause de l'augmentation du trafic en ce début de période estivale, couplé avec le renforcement des mesures de sécurité sous l'état d'urgence. "On contrôle 100% des passagers qui s'en vont", explique Jacques Guyomarc'h, directeur de la PAF d'Orly, dans une interview pour Le Parisien

Des retards de plusieurs heures et des passagers excédés

Avec les retardements pour passer les contrôles de sécurité et accéder aux zones d'embarquement, toute la chaîne de transport est perturbée. Début juin, Marc Rochet évoquait déjà un total de "320 heures de retard pour l'ensemble des vols internationaux" au départ d'Orly-Sud. Les passagers déplorent donc des retards de plusieurs heures sur leurs vols, tandis que d'autres manquent leurs correspondances. 

Ces retards répétés suscitent la tension chez les passagers. Marc Rochet évoque ainsi de "nombreux troubles à l'ordre public (...) tels que des mouvements de foule et des débuts d'émeutes de passagers excédés d'être cantonnés dans les zones d'attente". "A un moment, la police a dû intervenir pour faire respecter les espaces de confidentialité, délimités par une ligne jaune" car "les gens poussent et se bousculent", a confirmé une source proche du dossier à l'AFP, déplorant certains "comportements incorrects".  

Un manque d'effectifs aux contrôles de sécurité

Face à cette situation, les compagnies aériennes pointent du doigt le manque de fonctionnaires de police, dont les effectifs sont jugés "très insuffisants" par le PDG de la compagnie Corsair, Pascal de Izaguirre, dans une interview au Parisien

C'est incroyable que les plannings des policiers aux frontières ne soient pas adaptés aux courbes de trafic. La moindre des choses, c'est de dimensionner !

Pascal de Izaguirre, PDG de Corsair

au Parisien

Plusieurs compagnies aériennes, qui voient les demandes de dédommagement de leurs clients s'accumuler, ont adressé des courriers au ministère de l'Intérieur en demandant la mise en place de mesures urgentes pour résorber la situation, notamment l'affectation de davantage de fonctionnaires de police. 

Les représentants de l'Union des aéroports français (UAF) et de la Fédération nationale de l'aviation marchande (FNAM) ont aussi présenté mardi à Matignon des propositions de mesures, rapporte BFMTV. Ils suggèrent aussi l'installation de sas de contrôle automatisé des passeports biométriques. Le groupe ADP, gestionnaire des aéroports parisiens, s'est même porté volontaire pour "financer à 100% autant de sas Parafe que nécessaire pour aider à la résolution du problème"

Dans l'attente d'un retour de Matignon et d'une solution qui débloque cette situation, la compagnie aérienne Transavia et sa maison mère Air France demandent à leurs passagers au départ d'Orly de se rendre à l'aéroport deux à trois heures avant le décollage. Corsair, de son côté, recommande quatre heures d'avance.

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