L'Opep+ prolonge jusqu'à la fin juillet ses coupes drastiques de production de pétrole

Le cartel pétrolier et d'autres pays producteurs comme la Russie, réunis sous le groupe Opep+, se sont entendus samedi pour prolonger d'un mois, leur accord portant sur la réduction de production de pétrole.

Une plateforme pétrolière au large de Limassol (Chypre), le 5 juin 2020. 
Une plateforme pétrolière au large de Limassol (Chypre), le 5 juin 2020.  (DANIL SHAMKIN / NURPHOTO / AFP)

Les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs alliés, emmenés par la Russie, se sont accordés, samedi 6 juin, pour prolonger d'un mois la réduction historique de production auxquels ils s'astreignent depuis avril pour stabiliser les prix. "Tous les pays participants ont accepté la possibilité de prolonger d'un mois supplémentaire la première phase des ajustements de la production de mai et juin", indique l'organisation, à l'issue de deux sessions de négociations. 

"Dieu soit loué, les pays de l'Opep et les pays de l'Opep+ ont décidé à l'unanimité de prolonger la réduction actuelle jusqu'à fin juillet et de s'engager pleinement à la réduction en compensant les quantités non réduites par les pays qui n'ont pas pu le faire en mai. Une décision courageuse et un effort collectif méritant les éloges de tous les pays producteurs participants", s'est réjoui le ministre de l'Energie des Emirats arabes unis, Suhail al-Mazroui, sur Twitter. L'Opep+ a également exigé que des pays tels que le Nigeria et l'Irak, qui ont dépassé leurs quotas de production en mai et juin, compensent par des réductions supplémentaires de juillet à septembre.

Des dissensions surmontées

Le 12 avril, les membres du cartel et leurs alliés se sont engagés à une réduction historique de leur production de 9,7 millions de barils par jour (mbj) pour les mois de mai et juin, qui devait passer à 7,7 mbj de juillet à décembre, puis à 5,8 mbj de janvier 2021 à avril 2022. "La demande revient alors que les grandes économies consommatrices de pétrole sortent des mesures de confinement liées à la pandémie. Mais nous ne sommes pas encore sortis d'affaires et de nombreux défis restent à relever", a déclaré le ministre saoudien de l'Energie, le prince Abdulaziz bin Salman, lors de la vidéoconférence des ministres de l'OPEP+.

Le cartel et ses partenaires ont ainsi surmonté les dissensions auxquelles ils ont habitué le marché. Malgré les doutes qui planent sur la difficile entente des producteurs, la politique de l'Opep a montré son efficacité puisque les cours sont remontés début juin autour de 40 dollars le baril pour la référence américaine, le West Texas Intermediate (WTI), et son équivalent européen, le Brent de la mer du Nord. Ce dernier a atteint vendredi son plus haut niveau depuis trois mois, à plus de 42 dollars le baril, après avoir plongé sous les 20 dollars en avril. Le WTI était, lui, passé en négatif autour du 20 avril.