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MyFerryLink : le gouvernement propose une nouvelle Scop et la reprise de 380 salariés

Le protocole de sortie de crise pour la compagnie transmanche MyFerryLink prévoit la liquidation de l’actuelle Scop SeaFrance avant fin août. Avec la création d'une nouvelle Scop de 150 salariés et l'embauche de 230 autres par le groupe danois DFDS.
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Radio France
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 (En juin dernier, les marins de MyFerryLink bloquent le port de Calais pour protester contre la vente des navires par Eurotunnel © MAXPPP)

 C’est peut-être l’épilogue d’une crise de plusieurs semaines qui secoue MyFerryLink. La compagnie de ferries transmanche, qui exploitait jusqu’à présent trois navires entre Calais et Douvres, est en conflit avec le propriétaire de ces bâteaux, Eurotunnel. Le groupe, victime de décisions britanniques interdisant de traverser le détroit, a en effet décidé de mettre fin aux contrats et de louer deux de ces trois bâteaux, à un concurrent de MyFerryLink, le danois DFDS.

Un conflit dont s’est saisi le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies. Il a soumis mercredi soir aux différents acteurs du dossier un protocole de sortie de crise. Un texte en neuf points rendu public jeudi. Voici ce qu’il prévoit.

Création d’une nouvelle Scop

D’abord, le groupe Eurotunnel, propriétaire des trois navires exploités par MyFerryLink, doit passer un contrat d’affrètement pour un des navires, le Nord-Pas-de-Calais, avec une nouvelle Scop.

Cette nouvelle Scop sera composée de 150 salariés sociétaires de l’actuelle Scop SeaFrance. Ils seront choisis « d’un commun accord » par Eurotunnel et les dirigeants du conseil de surveillance de la Scop ou à défaut par "un médiateur désigné par le secrétaire d'Etat"

Reprise de 230 autres salariés

Par ailleurs, le transporteur danois DFDS, qui affrètera dorénavant les deux autres navires, s’engage à reprendre 230 salariés de la Scop SeaFrance. En échange, les salariés de la Scop doivent libérer ces deux bateaux, le Berlioz et le Rodin dès la signature de l'accord.Ces navires qui sont mis sous séquestre dans le port de Calais depuis le 2 juillet, date à laquelle DFDS devait en prendre possession.

Priorité d’embauche

En somme, sur les 487 salariés français en CDI au sein de la Scop SeaFrance, 380 seront repris. Pour les autres, une centaine, le gouvernement se donne trois mois pour trouver une solution.

Par ailleurs, les anciens salariés de la Scop SeaFrance bénéficieront pendant cinq ans d’une priorité d’embauche si Eurotunnel ou DFDS créent "de nouveaux emplois maritimes sur le port de Calais".

Liquidation avant fin août

Eurotunnel devra payer immédiatement 1,2 million d'euros de créances à la Scop SeaFrance, sur les 6,2 millions d'euros que le groupe doit. Enfin, les signataires devront renoncer à poursuivre les procédures judiciaires engagées et accepter la liquidation de la Scop SeaFrance avant la fin du mois d'août".

Date Butoir

Jeudi matin, après étude de ce texte, les marins de la SCOP SeaFrance se sont réunis pour débattre. 

Ils ont approuvé le texte comme base de négociation mais ne l'ont pas encore validé. "On est dans une tendance favorable " a reconnu Eric Vercoutre, le secrétaire général du syndicat maritime nord. "Mais il faut améliorer certaines choses notamment l'emploi car le protocole laisse des gens sur le carreau "

"Il y a des portes qui se sont ouvertes" admet Eric Vercoutre, secrétaire général du syndicat maritime nord
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Le texte prévoit une date butoir, lundi 27 juillet à 14h30, pour que les salariés valident ce protocole. C’est la raison pour laquelle, les avocats de la Scop ont demandé au tribunal de commerce de Boulogne de reporter la décision sur la liquidation au lendemain, le 28 juillet. Les juges se prononceront sur ce point à 16H00.

 

 

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