La Cour des comptes veut conserver les trains Intercités, sous conditions

C'est un oui mais. La Cour des comptes propose de rédéfinir le périmètre de ces trains mais de favoriser le transport routier sur certaines dessertes.

A la gare Saint-Lazare à Paris, un Corail intercités de la ligne Paris-Caen-Cherbourg, le 10 octobre 2007.
A la gare Saint-Lazare à Paris, un Corail intercités de la ligne Paris-Caen-Cherbourg, le 10 octobre 2007. (JEAN AYISSI / AFP)

Veulent-ils nous faire préférer le car ? La Cour des comptes juge nécessaire, dans son rapport annuel publié mercredi 11 février, de conserver un réseau de trains Intercités, mais en redéfinissant son périmètre et son financement. Elle pose aussi la question du maintien des dessertes les plus déficitaires.

Un enjeu majeur, mais...

"La préservation d'un réseau de trains 'Intercités' est un enjeu majeur d'aménagement du territoire", indique la Cour des comptes. Elle souligne néanmoins que "le retard mis à prendre les décisions permettant de l'assurer contraint maintenant l'Etat, la SNCF, mais également les régions à devoir résoudre une équation particulièrement complexe à un moment où les marges de manoeuvre financière sont devenues très faibles".

Les Sages pointent notamment une gestion "jusqu'à présent sans véritable stratégie" qui a abouti, par exemple, à l'absence de renouvellement du matériel roulant. L'âge moyen des trains était, fin 2012, de 33,5 ans, précise le rapport. 

Ainsi, la Cour des comptes préconise "des mesures énergiques de réduction des coûts de gestion de ces trains, mais aussi des choix en ce qui concerne leur périmètre et leur financement". Elle estime que "le recentrage de ces trains sur des liaisons rapides de moyenne et longue distance, assorti d'une nouvelle qualité de service sur ces lignes, est susceptible d'accroître leur rentabilité".

Développer "l'offre de transport routier"

Elle ajoute que "dans un contexte de possible développement de l'offre de transport routier interurbain, le remplacement, sur les lignes les moins fréquentées et les plus déficitaires, de certaines dessertes par des liaisons routières moins coûteuses, est une option à étudier".

Quant aux trains de nuit, le maintien de l'offre actuelle nécessiterait, "à échéance de 2018, la rénovation (...) de 300 voitures. Le coût en est évalué par la SNCF à environ 120 millions d'euros, ce qui va requérir des arbitrages difficiles compte tenu du caractère fortement déficitaire de ces lignes", selon la Cour. La Cour des comptes recommande également de modifier leur mode de financement, puisqu'il "constitue donc pour l'essentiel un circuit fermé qui voit l'Etat reverser à la SNCF sous forme de subvention d'équilibre le produit de taxes qu'il a précédemment prélevées sur elle".