L'agresseur du RER A, à l'origine de la grève de janvier, condamné à neuf mois de prison ferme

Pour avoir frappé un conducteur de la RATP, l'homme de 42 ans a écopé de 18 mois de prison, dont 9 fermes, et d'une obligation de soins.

Des images de vidéosurveillance montrent le suspect dans les couloirs du métro et du RER, le 28 janvier 2015.
Des images de vidéosurveillance montrent le suspect dans les couloirs du métro et du RER, le 28 janvier 2015. ( DR )

Son geste avait entraîné une paralysie du trafic de 24 heures sur l'ensemble de la ligne. L'agresseur du RER A, qui avait violemment frappé, fin janvier, un conducteur de la RATP, à Torcy (Seine-et-Marne), a été condamné, lundi 16 février, à 18 mois de prison, dont neuf mois fermes. Le tribunal correctionnel de Meaux a accompagné sa peine d'une obligation de soins, eu égard au profil du prévenu, décrit comme psychologiquement fragile et dépendant à l'alcool.

"Je regrette mon geste, je ne comprends pas ce qui s'est passé", s'est excusé ce chômeur de 42 ans, veste de survêtement noire, barbe de plusieurs jours et cheveux coupés ras. "Je suis désolé pour le monsieur, et je suis désolé pour tout le monde", a-t-il poursuivi, à l'adresse des centaines de milliers de passagers privés de transports sur la ligne A à cause de l'agression.

Une ITT de plus de huits jours pour le conducteur

Le 28 janvier, le conducteur de la RATP avait reçu un violent coup de tête sur un quai de la gare, après être sorti de sa cabine pour réarmer le système d'alarme. Ce dernier avait été activé à cause de l'agresseur, qui s'était coincé la main dans la porte du train. Le conducteur s'est vu prescrire une interruption temporaire de travail de plus de huit jours après ce coup.

Le prévenu avait été interpellé, jeudi, dans un bar situé à proximité de la gare de Torcy, après avoir été reconnu sur des images de vidéo-surveillance diffusées dans le cadre d'un appel à témoin.

"Je n'explique pas mon geste"

Interrogé lundi sur le motif de l'agression, le quadragénaire a dit avoir agi sous le coup de la colère. "Je n'explique pas mon geste (...) Je me suis déjà retrouvé plusieurs fois dans des situations comme ça avant, je ne m'étais pas énervé", a-t-il toutefois assuré. Son avocat a insisté de son côté sur la personnalité instable de son client, victime d'une addiction à l'alcool. "Son geste est effectivement inacceptable, mais il n'y a eu qu'un coup, il ne s'est pas acharné", avait-il fait valoir.

Une analyse à rebours du parquet, qui a réclamé une peine de 18 mois de prison, au regard de la gravité des faits" et "du casier judiciaire" de l'agresseur, déjà condamné à plusieurs reprises pour trafic de drogue et violences aggravées.

Après l'agression de leur confrère, qui avait eu le nez fracturé, les conducteurs de la ligne A avaient spontanément cessé le travail le lendemain, occasionnant des perturbations majeures sur cette ligne, la plus chargée d'Europe.